DIVERTISSEMENT

Festival de jazz 2013: The Specials, indémodable

08/07/2013 09:52 EDT | Actualisé 08/07/2013 10:36 EDT
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SHEFFIELD, UNITED KINGDOM - MAY 16: Terry Hall of The Specials perform on stage at O2 Academy on May 16, 2013 in Sheffield, England. (Photo by Neil H Kitson/Redferns via Getty Images)

MONTRÉAL – La formation britannique The Specials, icône de la musique ska, était sur les planches du Métropolis, dimanche soir, question de célébrer la fin de cette 34e année du Festival international de jazz de Montréal.

Créé en 1977 autour du fondateur et claviériste Jerry Dammers (qui n’est plus de la partie depuis longtemps), le groupe s’est mis à battre de l’aile dans les années 1980, à la suite du départ de trois de ses membres. Quelque part, la géniale synergie n’y était plus… Reformé depuis 2009, The Specials redonne essentiellement vie aux morceaux qui se sont retrouvés à l’époque parmi de nombreux palmarès.

Dommage ? Finalement, pas vraiment. Car les huit musiciens (trompette, trombone, guitares électrique, basse, batterie, claviers) livrent, malgré leur âge, un spectacle foutrement vivant. Rodé au quart de tour, c’est communicatif et accrocheur. Et on ne s’ennuie pas une minute.

Avec des sédiments rock anglais et reggae – sans oublier l’attitude punk de l’un des guitaristes – les gars ont fait sautiller et danser le millier de personnes rassemblées au Métropolis.

Durant cette agréable soirée, quasiment au-delà des attentes (on aurait pu croire que ce groupe de vieux ne serait plus que l’ombre de lui-même), on a entendu plusieurs classiques qui continuent définitivement d’avoir leur effet auprès des gens.

D’autant plus que des centaines de personnes étaient vendues d’avance à la Specials cause.

Après une heure de concert, on devait se rendre à l’évidence. Le génie créatif de ce groupe est terminé, mais le rayonnement de leur répertoire en concert est toujours très convaincant. C’est vieux et pourtant ça sonne encore très bien. Le chanteur Terry Hall n’a pas non plus perdu de son énergie.

Vivement les cuivres

It's Up to You, Concrete Jungle, Do the Dog, Dawning of a New Era, Too Much Too Young, Little Bitch, Why ?, Stereotype, A Message to You Rudy et autres Gangsters ont défilé à toute allure.

Les cuivres, bien présents dans les arrangements, ont aussi fait augmenter l’appréciation du spectacle. Cool, sexy, chaleureuses, les lignes mélodiques de trombone et de trompette donnaient de fort belles ambiances.

On ne pourrait passer sous silence le travail du guitariste Lynval Golding, qui n’en manquait pas une pour ajouter sa touche reggae/joie de vivre à tous les morceaux, que ce soit au chant ou seulement par sa présence physique. Partout en même temps, le bonhomme au chapeau sait encore comment faire lever un party.

Même sur la balade Do Nothing, on n’a pas échappé au groove. Toujours ces rythmes qui entraînent et font sourire. Tantôt sensuel, tantôt dansant, l’esprit (paroles et musique) est presque toujours lumineux et léger. Parfois, on se sentait dans un de road trip ou encore sur le sable chaud d’une plage au bord de la mer. Cocktail à la main.

Au rappel, les chansons Ghost Town et You’re Wondering Now (…« this is the end ») sont venues terminer en beauté ce concert qu’on oserait croire indémodable.

Respect.

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Festival de jazz: 7 juillet 2013