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Festival International du Blues de Tremblant: Jonathon «Boogie» Long, la révélation blues venue du bayou

08/07/2013 11:52 EDT | Actualisé 07/09/2013 05:12 EDT
Ismaël Houdassine

MONT-TREMBLANT – À seulement 24 ans, Jonathon «Boogie» Long est un sacré phénomène bourré de talent. Guitare à la main, le jeune Louisianais originaire de Bâton Rouge donne au blues des accents rock et soul qui ne passent pas inaperçus. Présent au Festival du Blues de Tremblant accompagné de son groupe Blues Revolution, il nous a accordé une entrevue.

Jonathon «Boogie» Long est venu à Tremblant afin d’interpréter les morceaux de son propre cru. C’est la première fois qu’il se produit à l’extérieur des États-Unis. Pourtant, il vient de rencontrer un groupe de Québécois qui lui a demandé s’il voulait jouer sur scène à leur côté. Qu’a-t-il répondu? Sans hésiter, il a dit oui.

«Ce sont des personnes accueillantes dont j’ai récemment fait la connaissance. Ils ont fait preuve de la même hospitalité qu’on peut trouver en Louisiane. Alors, on va chanter quelques classiques de Johnny Cash», raconte-t-il avec l’accent trainant du Sud américain.

Hormis quelques incontournables, il admet jouer généralement peu de reprises privilégiant ses propres créations. Ma musique est moderne. Elle mélange le blues et le rock. J’écris mes propres chansons. Je parle des problèmes que chacun d’entre nous peut un jour rencontrer dans sa vie. Les chansons d’amour ne sont pas trop mon truc. On dit que je possède un style corrosif. Moi, je dirais que je n’ai pas la langue dans ma poche».

Du reste, le musicien demeure fort impressionné par les similitudes entre la Louisiane et le Québec. «Je ressens ici la même gentillesse. Les gens me font la conversation et me sourient. C’est différent du nord des États-Unis où personne n’ose vous parler».

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Le blues toujours vivant

Jonathon «Boogie» Long fait partie de cette nouvelle génération d’artistes américains qui font leur marque sur la scène du blues à l’instar d’un Joe Bonamassa ou d’un Warren Haynes. «Il existe une flopée de talentueux artistes qui n’ont pas l’intention de laisser tomber le blues. En avril dernier, j’étais sur la route avec B.B. King. Je lui ai dit que je voulais garder le blues vivant et il m’a alors répliqué que c’était ce genre de phrase qui le rendait heureux».

Le blues n’est visiblement pas un genre musical comme les autres. Et se l’approprier signifie souvent pour les nouveaux artistes d’accepter un certain contrat tacite avec les anciens. «J’ai conscience que je porte sur les épaules une lourde responsabilité, mais je crois être près pour la tâche».

De son côté, le Festival de Tremblant permet à Jonathon «Boogie» Long de constater que le blues est loin d’être agonisant. «À l’exception peut-être de La Nouvelle-Orléans, la musique à tendance à mourir en Louisiane. Les temps sont difficiles pour le blues dans la région. Katrina et les autres cyclones ont fait beaucoup de mal. Des gens sont morts et beaucoup ont perdu leur maison. La scène culturelle en souffre profondément».

Depuis deux ans, le jeune homme se considère comme chanceux. Avant cela, et bien, c’était un peu la galère. «Si vous voulez vous faire un nom, il faut parfois faire de gros sacrifices. Il ne faut pas compter les spectacles que vous devez donner gratuitement. J’ai dû souvent jouer sur une scène où il n’y avait personne pour venir m’écouter».

Malgré tout, le musicien n’a jamais abandonné. «J’ai toujours su que je ferai du blues dans ma vie. Il y a bien eu mes parents pour me conseiller d’apprendre un autre métier au cas où la musique ne fonctionnerait pas. En fait, je ne les ai jamais écoutés. Je n’ai jamais couru après l’argent. L’unique chose qui me rend heureux, c’est de faire la musique».

Le Festival du Blues de Tremblant offre 150 concerts gratuits qui se déroulent du 5 au 14 juillet 2013. Visitez le site : www.tremblant.ca/blues.