NOUVELLES

Égypte: aucune entente n'a encore été conclue pour le poste de premier ministre

07/07/2013 10:49 EDT | Actualisé 06/09/2013 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Les factions séculières et libérales tentant de placer l'un de leurs candidats comme nouveau premier ministre de l'Égypte se sont heurtées à une forte résistance, dimanche, de la part de la seule faction islamiste ayant appuyé le renversement militaire du président Mohamed Morsi, reflétant les difficultés consistant à bâtir une large coalition derrière un nouveau leadership.

Alors que les tractations se poursuivaient pour le poste de premier ministre, d'importantes manifestations par les mouvements ayant mené au départ de M. Morsi ont pris un ton particulièrement nationaliste, les protestataires brandissant des affiches de leaders militaires et des messages dénonçant les États-Unis et le président Barack Obama pour ce qu'ils considèrent comme son appui envers le leader islamiste.

Cette démonstration de force dans les rues visaient à contrer une campagne des Frères musulmans de M. Morsi, qui ont rassemblé leurs propres partisans en grand nombre dimanche.

Affirmant que l'armée transformait l'Égypte en un «État totalitaire», des responsables des Frères se sont engagés à demeurer dans les rues pour renverser ce qu'ils qualifient de coup contre la démocratie, et réinstaurer le premier président égyptien démocratiquement élu.

Des avions militaires ont survolé la foule anti-Morsi remplissant la place Tahrir, au Caire. Les protestataires ont accusé M. Obama «d'appuyer les terroristes du 11 septembre».

Pendant l'année au pouvoir de M. Morsi, ses opposants ont accusé les États-Unis d'appuyer son administration. Washington a souvent souligné qu'elle travaillait avec M. Morsi en tant que leader élu du pays.

Avant que ne s'amorce la vague de manifestations anti-Morsi, le 30 juin, l'ambassadrice américaine en Égypte, Anne Patterson, a dit lors d'un discours qu'elle «doutait profondément» de leur réussite. Elle a défendu les relations entre Washington et les Frères musulmans comme étant nécessaires puisque le groupe faisait partie d'un gouvernement légitimement élu.

Depuis la déposition du président égyptien, mercredi, les États-Unis se sont montrés prudents, manifestant leurs inquiétudes sans toutefois parler d'un coup d'État ou dénoncer le renversement de M. Morsi. Samedi, Washington a rejeté les accusations d'implication pour dicter la transition.

La nomination d'un premier ministre est la prochaine étape essentielle pour bâtir un leadership post-Morsi. Ce premier ministre détiendra des pouvoirs bien plus importants que ceux du président intérimaire — Adly Mansour, un juge déjà entré en poste.

Les factions libérales, séculières et de gauche ayant mené la vague de manifestations sont désormais le principal regroupement tentant de combler les postes vacants. Ces factions font pression pour que l'un des leurs devienne premier ministre pour disposer d'une voix forte pour diriger le pays.

Un parti islamiste ultraconservateur, qui s'est retourné contre M. Morsi, a bloqué samedi la nomination de l'un des plus importants leaders libéraux, Mohamed El-Baradei, qui est considéré comme étant trop séculier aux yeux des islamistes.

«Notre position est que le premier ministre ne devrait appartenir à aucune faction... Nous voulons un technocrate», a déclaré le chef du Parti al-Nour, Younes Makhyoun, à l'Associated Press.

Ce parti craint clairement d'apparaître aux côtés de l'armée contre leurs frères islamistes, au moment où M. Morsi et cinq autres leaders importants des Frères musulmans ont été arrêtés, et où les chaînes de télévision islamistes ne sont plus à l'antenne.

Les libéraux et séculiers, quant à eux, veulent conserver l'appui d'Al-Nour pour montrer qu'ils disposent d'une puissante voix islamiste. Le parti ultraconservateur a remporté le quart des sièges aux élections de 2011-2012.

Ils sont cependant furieux contre le blocage de la nomination de M. El-Baradei, certains insistant sur le fait que les islamistes ne devraient pas disposer d'un pouvoir de veto par rapport au poste.

PLUS:pc