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Festival de jazz 2013: Qui a dit que Belle & Sebastian n'était pas jazz? (PHOTOS)

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STUART MURDOCH
Belle & Sebastian à la Place des Arts. (Crédit photo: David Kirouac) | David Krouac

C’est vrai, la formation Belle & Sebastian est loin d’être jazz. Mais ce soir, à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, Stuart Murdoch et sa bande en ont profité pour transformer leur pop élégante et mélancolique en chamber pop…jazz. Si les nombreux fans présents s’étaient faits patients durant les dernières années, ils n’ont pas manqué à leur tâche d’être bruyants et chaleureux à souhait pour démontrer leur affection envers le groupe écossais. Plaisir visiblement partagé, les yeux du chanteur pétillaient et ses acolytes semblaient se réjouir d’être sur scène.

Accompagné par cinq musiciens, la formation a offert une énergique entrée en matière avec l’instrumentale Judy Is a Dick Slap. Déjà, quelques sourires s’affichaient dans la salle en voyant Stuart Murdoch se dandiner, piétiner, sautiller… Ce dernier a ensuite salué le public en prenant des leçons de français auprès de Sarah Martin. « It’s very nice to be here » lance-t-il. « C’est un plaisir d’être ici », répond-elle avec un charmant accent. Le septuor a enchaîné avec Another Sunny Day, puis The Stars of Track and Field, généreusement applaudie par une salle quasi remplie. Durant ce dernier morceau, les spectateurs s’étonnaient du bel apport de l’ensemble de cordes avec qui Sarah Martin a violoné, et du remarquable solo de trompette.

Improvisation et fusion

Stuart Murdoch, toujours avec de la suite dans les idées, a voulu exploiter son côté jazzy, c’est-à-dire son sens de l’improvisation, en faisant participer la foule. Il a d’abord fait monter une admiratrice pour qu’elle ajoute le passage textuel féminin à Dirty Dream Number Two. Quelques minutes plus tard, il a demandé à une autre demoiselle de le maquiller sur Lord Anthony, tel que le veulent les paroles de la chanson : « Blue mascara running over your eye ». Si on laisse tomber le terme « jazz », la fusion, elle, était bel et bien au rendez-vous entre le leader du groupe et le public.

« Qui est jazz ici? Sarah est jazz !? », demande Stuart. « Stevie Jackson est tellement jazz! », renchérit-il avant de lui laisser interpréter To Be Myself Completely. La tête du groupe a laissé une belle place à ses comparses ce soir. Il manquait, par contre, nettement d’éclairage sur Chris Geddes et Richard Colburn, qui se sont fait voler la vedette par les musiciens invités… Ces lumières sont d’ailleurs demeurées très basiques tout au long de la prestation. Seule la pochette de Third Eye Centre, disque à paraître le 27 août prochain, faisait office de décor.

Belle & Leonard

Vraisemblablement tous admirateurs de l’illustre Leonard Cohen, les membres de Belle & Sebastian ont souhaité lui rendre hommage. Sur quelques environnements sonores de Chris Geddes, le chanteur s’est adonné à une lecture de poésie, citant quelques passages du documentaire Ladies and Gentlemen… Mr. Leonard Cohen, paru en 1965.

Foule fun

Les spectateurs prenant leur aise au fil des pièces, certains d’entre eux en ont eu assez d’être assis puis se sont joints à Stuart Murdoch pour danser sur la mélodieuse Didn’t See It Coming. S’apparentant à un réel pantin Robaxacet, les mouvements du chanteur ont été contagieux puisque, quelques instants plus tard, une horde de fans s’est littéralement jetée sur la scène pour grouiller de plus belle avec The Boy With The Arab Strap. Voilà qui a incité la foule en entier à se lever, puis à bouger pour la fin du concert. Legal Man et Judy And The Dream of Horses ont été des plus joyeuses.

Les adeptes de B & S auraient souhaité que la fête se poursuive. Malheureusement, ils ont dû se contenter d’une courte prestation et d’un rappel d’un seul titre, Get Me Away from Here, I’m Dying. Il fallait bien un défaut à cette soirée: la durée. Les fans en auraient voulu plus, d’autant plus qu’il leur valait mieux faire des réserves. On ne peut savoir si Belle & Sebastian attendra encore sept ans avant de se remontrer le bout du nez dans la métropole…

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Festival de jazz: 5 juillet 2013
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EN VIDÉO:

Ladies and Gentlemen... Mr. Leonard Cohen by Donald Brittain & by Don Owen, National Film Board of Canada