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L'embauche a pris une pause en juin, mais le taux de chômage est resté à 7,1%

05/07/2013 08:44 EDT | Actualisé 04/09/2013 05:12 EDT

OTTAWA - La création d'emplois est retombée sur Terre en juin, les employeurs canadiens ayant pris une pause sur ce front après les gains exceptionnels du mois de mai, qui étaient trop forts pour être soutenus.

Les économistes ne prévoyaient rien d'extravagant après que le marché eut accueilli 95 000 nouveaux travailleurs en mai, et en ce sens, ils ont eu ce qu'ils attendaient avec les chiffres dévoilés vendredi matin, lesquels font état de la création de 400 emplois en juin — un nombre statistiquement insignifiant.

En revanche, le déclin de 32 400 emplois à temps plein a été un des aspects plus significatifs du plus récent rapport de Statistique Canada. Ces pertes ont été contrebalancées par un nombre similaire de nouveaux emplois à temps partiel.

Le taux de chômage est resté inchangé à 7,1 pour cent, où il se trouvait en mai et au début de l'année.

Pour l'économiste en chef de la Banque de Montréal, Doug Porter, ces nouvelles données doivent servir de rappel aux marchés et aux analystes, qui ont tendance à considérer les chiffres mensuels volatiles comme des portraits fixes des conditions du marché du travail. Ceux-ci devraient s'attarder plus longtemps aux moyennes mobiles de trois et six mois, estime-t-il.

Pendant la première moitié de 2013, l'économie a créé en moyenne environ 14 000 emplois par mois, soit environ moitié moins que pendant la deuxième moitié de 2012.

«Pris en tant que tel, le mois de juin semble assez faible mais compte tenu de l'immense gain de mai, il est plutôt encourageant de voir que cette vigueur a été maintenue», a indiqué M. Porter.

«Je crois vraiment que le portrait d'ensemble témoigne d'un ralentissement de la croissance de l'emploi dans la première moitié de l'année et cela constitue une évaluation plus juste du marché canadien de l'emploi que ces écarts soudains d'un mois à l'autre», a-t-il poursuivi.

«Puis, le taux de chômage est de 7,1 pour cent, alors qu'il était de 7,2 pour cent il y a un an. Cela nous dit qu'il n'y a pas eu grand amélioration, mais qu'il y a eu une légère amélioration.»

En excluant le bond du mois de mai, les données sur l'emploi pour la première moitié de l'année 2013 sont plutôt conformes à la faible croissance observée du produit intérieur brut.

Les analystes s'attendent cependant à une amélioration pour la deuxième moitié de 2013, et les données sur le marché du travail américain dévoilées vendredi matin — 195 000 nouveaux emplois, plus que prévu — laissent croire que l'économie américaine prend de la vitesse. Cela serait une bonne nouvelle pour le Canada, particulièrement pour le secteur de l'exportation, font remarquer des analystes.

Les détails compris dans le rapport de Statistique Canada semblent démontrer qu'un ajustement était inévitable.

Outre la chute du nombre d'emplois à temps plein, l'embauche dans le secteur privé a reculé de 5300 emplois, tandis que de légers gains ont été observés dans le secteur public et dans le travail autonome.

Par ailleurs, le nombre d'heures travaillées a glissé de 0,2 pour cent et le salaire horaire a ralenti par rapport à l'an dernier, avec une croissance de 2,2 pour cent.

L'agence gouvernementale a indiqué que les inondations dans le sud de l'Alberta avaient occasionné certains problèmes en ce qui a trait à la collecte de données pour le mois de juin, mais l'impact de ces désagréments sur les estimations devrait être négligeable.

L'emploi au Québec est resté essentiellement inchangé en juin, a indiqué Statistique Canada, et le taux de chômage s'y est établi à 7,9 pour cent. Le marché du travail de l'Ontario n'a pas, lui non plus, beaucoup changé le mois dernier, mais le taux de chômage y a avancé de 0,2 point de pourcentage à 7,5 pour cent.

Quelque 5200 emplois ont été perdus au Nouveau-Brunswick en juin, ce qui a fait grimper le taux de chômage de la province à 11,2 pour cent — le plus élevé au pays le mois dernier. C'est la première fois depuis que Statistique Canada tient ces données que la province maritime affiche le plus haut de chômage du pays. Traditionnellement, la province de Terre-Neuve-et Labrador occupe ce rang.

Par ailleurs, le secteur de la fabrication a enregistré un modeste gain de 4200 emplois pour faire suite aux généralement mauvais cinq premiers mois de l'année. Le secteur de la construction est pour sa part resté essentiellement inchangé malgré un ralentissement du secteur de l'habitation.

Le grand gagnant des secteurs le mois dernier a été celui des services professionnels, scientifiques et techniques, qui a accueilli 27 000 travailleurs, tandis que celui des services d'hébergement et de restauration en a laissé 20 000. Le secteur de l'information, de la culture et des loisirs a vu disparaître 15 000 emplois.

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