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Le pape François a décidé de canoniser les papes Jean XXIII et Jean Paul II

05/07/2013 07:14 EDT | Actualisé 04/09/2013 05:12 EDT

VATICAN, État de la Cité du Vatican - Le pape François a autorisé vendredi la canonisation du pape Jean Paul II après avoir approuvé un miracle attribué à son intercession, ce qui met la table pour une double canonisation remarquable en compagnie d'un autre pape bien aimé, Jean XXIII.

Lors d'une démonstration musclée de son autorité papale, François a décidé de canoniser Jean XXIII même si le second miracle normalement requis n'a pas encore été confirmé par le Vatican.

Le Vatican a expliqué que le pape François a l'autorité nécessaire pour canoniser Jean XXIII sans deuxième miracle, sur la base de son seul mérite.

Les cérémonies devraient avoir lieu d'ici la fin de l'année.

La date du 8 décembre a été évoquée, puisqu'il s'agit de la fête de l'Immaculée-Conception, une des principales célébrations de l'Église catholique. La presse polonaise continue à mentionner une canonisation en octobre, pour coïncider avec l'anniversaire de l'élection de Jean Paul II, mais le Vatican maintient que les délais seraient trop courts.

Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a confirmé que le second miracle attribué à Jean Paul II concerne un Costaricaine, Floribeth Mora, qui a été mystérieusement guérie d'un anévrisme cérébral après que ses médecins ne lui aient plus donné qu'un mois à vivre. La femme a été guérie le 1er mai 2011, le jour de la béatification de Jean Paul II.

Le quotidien espagnol La Razon a interrogé le médecin traitant de Mme Mora, le docteur Alejandro Vargas, qui a affirmé ne pas pouvoir expliquer scientifiquement la guérison de sa patiente. «J'ai été très surpris de voir l'anévrisme disparaître. Je ne peux pas expliquer cette situation grâce à la science», a-t-il indiqué.

L'Associated Press s'est rendue dans le village de Floribeth Mora au Costa Rica afin de la rencontrer. Cette dernière, après avoir gardé le silence le temps que François signe le décret papal, a rencontré les reporters à San Jose, la capitale.

En pleurs, Floribeth Mora a décrit comment elle a été envoyée à la maison avec des médicaments anti-douleur, mais sans espoir apparent de guérison, croyant qu'elle allait succomber après avoir appris qu'elle avait été victime d'un anévrisme en 2011.

Mme Mora a raconté qu'un photographe du pape semble lui avoir parlé lors de la cérémonie de béatification du pape, et son médecin a affirmé que l'anévrisme a disparu sans raison apparente. Or, elle dit être aujourd'hui en parfaite santé.

Mme Mora, qui possède en compagnie de son mari une entreprise privée de sécurité dans son village de classe moyenne de Dulce Nombre de Tres Rios, dit s'être réveillée le 8 avril 2011 avec un violent mal de tête. Elle s'est rendue à un hôpital de Cartago, une ville située non loin, où on lui a diagnostiqué une forte migraine.

La douleur a duré pendant trois jours et Mme Mora est retournée à l'hôpital, où une série de tests ont révélé la présence d'un anévrisme du côté droit de son cerveau qui avait commencé à saigner, selon le médecin qui l'a traitée, Alejandro Vargas.

Les médecins ont été incapables de stopper l'hémorragie et le docteur Vargas a consulté des collègues dans d'autres pays d'Amérique latine et en Espagne, qui ont suggéré d'éviter l'opération parce qu'il était trop difficile d'accéder à l'endroit malade.

«Floribeth risquait de mourir ou de subir d'importants dommages neurologiques», a expliqué le docteur Vargas vendredi.

Le pape émérite Benoît XVI avait autorisé la canonisation accélérée de Jean Paul II, en faisant fi de la période d'attente de cinq ans normalement requise.

Certains observateurs font toutefois remarquer que plusieurs des problèmes qui touchent aujourd'hui le Saint-Siège — comme les agressions sexuelles des prêtres, la bureaucratie dysfonctionnelle et les récents problèmes financiers de la banque du Vatican — découlent essentiellement d'erreurs commises sous la papauté de Jean Paul II.

La décision de canoniser Jean XXIII en même temps que Jean Paul II a donc possiblement été prise pour calmer ces craintes, en canonisant deux papes en même temps, dont un qui attend aux portes de la sainteté depuis près de 50 ans.

C'est le stratagème que Jean Paul II lui-même avait utilisé en 2000 quand il avait béatifié Jean XXIII en même temps que Pie IX, un pape à qui certains accordent des tendances antisémites.

Le père Lombardi affirme que la canonisation de Jean XXIII basée sur un seul miracle ne signifie pas que l'Église allège le processus menant à la saineté. Il s'agit plutôt d'un geste bien particulier qui s'inscrit dans le cadre des célébrations marquant le 50e anniversaire de Vatican II.

«Jean XXIII que nous savons aimé dans notre Église est à l'origine du concile Vatican II qui célèbre son cinquantième anniversaire cette année et je crois que personne chez-nous n'a de doute sur ses vertus», a affirmé Federico Lombardi.

En Pologne, l'annonce de la canonisation prochaine de Jean Paul II a été accueillie avec énormément d'enthousiasme de la part de la population.

Le directeur de la station de télévision Religion TV, le père Kazimierz Sowa, affirme que les citoyens polonais devraient se déplacer en grand nombre à la cérémonie devant se dérouler à Rome.

«Jean Paul II était très populaire de son vivant et encore aujourd'hui, il continue d'inspirer les gens», a indiqué M. Sowa. Il affirme qu'il serait préférable que la canonisation se déroule en octobre afin de pouvoir permettre au plus de gens possible d'assister à la cérémonie.

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