NOUVELLES

Égypte: des affrontements entre pro et anti-Morsi font au moins 30 morts

05/07/2013 07:36 EDT | Actualisé 04/09/2013 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Les islamistes égyptiens ont répliqué vendredi à la destitution de Mohamed Morsi alors que des dizaines de milliers de partisans du président déchu ont manifesté au Caire afin de demander son retour et attaqué ses opposants. Des affrontements entre les deux camps ont éclaté en fin de journée, obligeant l'armée à envoyer des véhicules blindés pour repousser les fidèles de M. Morsi.

Les troubles ont fait au moins 30 morts et quelque 210 blessés à travers l'Égypte. Les islamistes ont pris d'assaut de nombreux édifices gouvernementaux et juré de renverser la décision de l'armée de déposer le premier président égyptien élu démocratiquement. Quatre des victimes ont perdu la vie lorsque les militaires ont ouvert le feu sur des manifestants pro-Morsi qui se dirigeaient vers le quartier général de la Garde républicaine.

Dans le cadre de sa première apparition publique depuis le départ de Mohamed Morsi, le guide général des Frères musulmans a promis de remettre le président au pouvoir. Prenant la parole sur une scène devant une mosquée du Caire, Mohammed Badie a déclaré que Dieu avait accordé la victoire à M. Morsi et le ramènerait au palais présidentiel. Il a ajouté que ses fidèles étaient ses soldats et qu'ils le défendraient au prix de leur vie.

Les circonstances entourant le discours de M. Badie demeurent toutefois un mystère. Les forces de sécurité avaient précédemment affirmé l'avoir arrêté mercredi soir à une villa située sur la côte méditerranéenne et envoyé au Caire par avion dans le cadre d'un coup de filet ayant mené à l'arrestation d'au moins cinq hauts dirigeants des Frères musulmans.

Quelques heures plus tard, par ailleurs, un porte-parole du ministère de l'Intérieur a annoncé que le numéro 2 des Frères musulmans, Khairat al-Chater, avait été arrêté en compagnie de son frère, tard vendredi, dans un appartement de l'est du Caire, en lien avec des allégations de violence à l'endroit de manifestants au cours des derniers jours.

Quelques minutes avant le discours du guide général vendredi, le parti politique des Frères musulmans avait annoncé sur son site Web que Mohammed Badie avait été libéré. Sur scène, le principal intéressé a pour sa part soutenu n'avoir jamais été arrêté. Les autorités n'ont pas fourni d'explications à ce sujet.

Après l'allocution de M. Badie, un important groupe d'islamistes a traversé le pont du 6-octobre qui enjambe le Nil en direction de la place Tahrir, occupée depuis le début de la journée par des opposants de Mohamed Morsi. Les pro et les anti-Morsi ont commencé à se battre près du bâtiment abritant la télévision d'État avec des fusils et des pierres.

Des soldats ont été déployés sur un autre pont menant à la place, bloquant la structure avec des fils barbelés et des véhicules blindés. Plus tard, au moins sept véhicules ont traversé le pont pour chasser les partisans de M. Morsi.

Les islamistes ont juré de prouver à l'armée qu'elle avait fait une erreur en écartant le président Mohamed Morsi du pouvoir mercredi après que des millions d'Égyptiens eurent manifesté dans les rues durant quatre jours pour réclamer son départ.

PLUS:pc