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Affaire Snowden: Morales et ses homologues sud-américains réclament des excuses

05/07/2013 02:50 EDT | Actualisé 04/09/2013 05:12 EDT

COCHABAMBA, Bolivie - Des dirigeants d'Amérique du Sud ont uni leurs voix vendredi pour dénoncer le détournement de l'avion du président bolivien Evo Morales en raison de la présence présumée à bord d'Edward Snowden, l'homme qui a révélé l'existence des programmes de surveillance de l'agence nationale de sécurité des États-Unis (NSA), et exiger des excuses publiques de la part de la France, de l'Italie, du Portugal et de l'Espagne.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Garcia-Margallo, a toutefois affirmé qu'aucunes excuses n'étaient nécessaires de la part de son gouvernement, car l'espace aérien de son pays n'avait été jamais été fermé à l'avion présidentiel bolivien.

M. Garcia-Margallo a indiqué que son pays et plusieurs autres nations européennes avaient été informés de la présence de M. Snowden dans l'avion du président de la Bolivie, mais que l'Espagne n'avait pas interdit à l'appareil de se poser sur son territoire. Il a refusé de révéler l'origine de cette information et n'a pas voulu préciser si Madrid avait communiqué avec Washington.

Les présidents de l'Argentine, de l'Équateur, du Suriname, du Venezuela et de l'Uruguay ont rejoint Evo Morales dans la ville bolivienne de Cochabamba tard jeudi soir pour dénoncer le traitement qui lui avait été réservé.

M. Morales a encore une fois accusé Washington d'avoir fait pression sur plusieurs pays européens pour les encourager à lui interdire d'entrer dans leur espace aérien mardi, le forçant à atterrir à Vienne, en Autriche. Le président bolivien a affirmé que cette décision allait à l'encontre des lois internationales et qu'il pourrait faire fermer l'ambassade américaine dans son pays si cela s'avérait nécessaire.

Les États-Unis ont refusé de dire vendredi s'ils étaient impliqués dans la fermeture de l'espace aérien en Europe, indiquant seulement que des représentants du gouvernement américain avaient été en contact avec de nombreux pays européens au cours des 10 derniers jours relativement à l'affaire Snowden.

Une porte-parole du département d'État, Jen Psaki, a déclaré vendredi que Washington souhaitait que le jeune homme de 29 ans soit renvoyé en sol américain.

Edward Snowden se trouverait toujours dans la zone de transit de l'aéroport de Moscou et aurait présenté des demandes d'asile à plus d'une vingtaine de pays, dont le Venezuela et l'Équateur. Plusieurs d'entre eux ont rejeté sa requête.

WikiLeaks a annoncé vendredi que M. Snowden avait sollicité six autres pays qu'il n'a pas identifiés afin d'éviter que les États-Unis n'interviennent.

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