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Mandela dans un état végétatif permanent; sa famille aurait envisagé de le «débrancher»

04/07/2013 11:40 EDT | Actualisé 03/09/2013 05:12 EDT
AP

L'ancien président sud-africain Nelson Mandela était plongé dans "un état végétatif" la semaine dernière et, sur les conseils de médecins, sa famille a envisagé de débrancher la machine qui le maintenait en vie, selon un document judiciaire du 26 juin, dont l'AFP a obtenu copie jeudi.

"Il est dans un état végétatif permanent et sous assistance respiratoire", peut-on y lire. "Les médecins ont conseillé à la famille Mandela de débrancher la machine qui le maintient artificiellement en vie. Plutôt que de prolonger ses souffrances, la famille Mandela envisage cette option", ajoutait son auteur, l'avocat David Smith.

Le document, qui s'achève par les mots "Ils attendent d'enterrer leur père et grand-père" a été présenté au tribunal de Mthatha (sud) jeudi dernier. Il soutenait une plainte déposée par une partie de la famille pour obtenir le rapatriement des corps de trois des enfants de Nelson Mandela dans le village de Qunu (sud), où le héros de la lutte anti-apartheid souhaite être enterré.

Le même jour, le président sud-africain Jacob Zuma avait annulé en urgence un voyage au Mozambique, après une visite nocturne à l'hôpital où Nelson Mandela a été admis le 8 juin pour une rechute de sa grave infection pulmonaire.

L'Afrique du Sud avait alors craint le pire, mais la présidence sud-africaine avait fait état dès le lendemain d'une amélioration. Elle dit depuis que l'état du père de la Nation, bientôt 95 ans, reste "critique mais stable".

Contacté par l'AFP, la présidence a refusé de "commenter" le contenu du document, en appelant à respecter la confidentialité "patient-médecin".

Un avocat à l'origine du document a précisé qu'il n'avait aucune vocation à être rendu public mais qu'il visait à justifier la demande d'audience en urgence.

Un camarade de lutte de Nelson Mandela, Denis Goldberg, a depuis précisé que son ami était "clairement conscient" et qu'il avait "même tenté de bouger les yeux et la bouche" lors d'une visite lundi.

L'épouse du grand homme, Graça Machel, qui passe de longues heures à son chevet depuis son hospitalisation, a également tenu des propos rassurants jeudi.

"Cela fait maintenant environ 25 jours que nous sommes à l'hôpital. Même si Madiba n'a pas toujours été bien, il n'a que très peu souffert", a-t-elle indiqué en marge d'une conférence de presse à Johannesburg. "Mais il va bien", a-t-elle ajouté.

Secrets d'alcôve

Sur la base de la plainte de la famille, le tribunal de Mthatha a ordonné mercredi à l'aîné des petits-fils de Nelson Mandela, Mandla, de ramener les dépouilles de son père, sa tante et son oncle à Qunu, qu'il avait unilatéralement transférés en 2011 dans le village natal de Nelson Mandela, Mvezo.

En tant qu'aîné des garçons, Mandla, 39 ans, a le statut de chef traditionnel à Mvezo, où il envisage de créer un grand site touristique autour de la mémoire de son aïeul.

A la suite de la décision de la cour, les trois corps ont été exhumés mercredi soir sous le contrôle d'un huissier qui a dû forcer le portail de la résidence de Mandla pour atteindre le lieu des sépultures.

Les restes de Makaziwe, morte bébé en 1948, Thembekile tué dans un accident de voiture en 1969 et de Magkatho, décédé du sida en 2005, ont ensuite été transférés à Mthatha. Après avoir été formellement identifiés par un médecin légiste, ils ont été remis en terre à Qunu jeudi après-midi.

Mandla Mandela, qui n'a pas apprécié la procédure judiciaire, a tenu une conférence de presse jeudi, rediffusée en direct dans tout le pays, pour régler ses comptes, n'hésitant pas à révéler des secrets d'alcôve.

"Je me suis retrouvé attaqué par des individus qui cherchent une minute de gloire et d'attention médiatique à mes dépens", a-t-il déclaré. Tout en se défendant de vouloir "laver son linge sale en public", il s'en est pris nommément à plusieurs d'entre eux.

Il a ainsi accusé sa tante Makaziwe "de semer la division dans la famille", son demi-frère Ndaba d'être né d'une relation entre leur père et une femme mariée et son autre frère Mbuzo "d'avoir fécondé" sa propre femme, une Réunionnaise depuis repartie sur son île.

A en juger par les premières réactions sur Twitter, les Sud-Africains ont peu goûté ce déballage en public: "Heureusement que le legs politique de Mandela est trop fort pour être détruit", "on ne choisit pas sa famille", "Un Mandela peut-être, mais un Nelson, je ne crois pas...", pouvait-on lire sur le site de microblogging.

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