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Mexique: les candidats sont ciblés à l'approche des élections locales

04/07/2013 09:45 EDT | Actualisé 03/09/2013 05:12 EDT

MEXICO - Les élections municipales et régionales sont typiquement les plus violentes au Mexique, et cette année ne semble pas devoir faire exception.

Au moment où 14 États se préparent à organiser un scrutin dimanche, pas moins de huit candidats ou membres de leurs familles ont déjà été tués. D'autres affirment avoir été enlevés ou la cible de tirs.

Ces attaques demeurent mystérieuses. Certains pointent du doigt des groupes de narcotraficants qui cherchent à établir leur pouvoir, d'autres des rivaux politiques. Mais les candidats qui sont ciblés se présentent tous dans des secteurs où le crime organisé et des politiciens de la vieille école sont bien installés.

Le président Enrique Pena Nieto se plait à présenter le Mexique comme un pays où la démocratie est vigoureuse, la violence en déclin et l'économie en pleine croissance. Mais ces meurtres démontrent que peu de choses ont changé sur le terrain.

«Il me semble que la violence est un peu plus importante cette année, même si nous ne disposons pas de statistiques fiables, a dit le politologue mexicain Jeffrey Weldon. La violence touche la démocratie et endommage la démocratie au Mexique, si personne ne peut se présenter candidat en toute sécurité.»

Les incidents violents semblent se faire de plus en plus nombreux depuis une semaine, et les candidats de toutes les allégeances sont ciblés à l'approche du vote qui mènera à l'élection de 931 maires, 441 représentants et un gouverneur.

La majorité des meurtres ont été commis dans des régions rurales où sévit la violence associée au trafic de la drogue. Les cartels ne se gênent pas pour interférer avec le vote, dans le but de donner un avantage aux candidats qui favoriseront leurs affaires.

Au cours des dernières décennies, la violence politique du pays a été surtout attribuée au Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), qui n'a pas hésité à avoir recours à la manière forte pour se maintenir au pouvoir pendant 71 ans. Au moins deux politiciens blâment de nouveau le PRI, mais même les candidats de ce parti ont été ciblés cette année.

«Tous les partis contribuent à la violence, a affirmé le politologue Carlos Ronzon Veronica. Nous sommes en pleine semaine de guerre sale, de terrorisme dont l'objectif est de freiner le vote.»

Les attaques semblent faire mentir le président Pena Nieto quand il affirme que le Mexique a tourné la page sur la violence qui a balayé le pays pendant des décennies. Avant le vote présidentiel de l'an dernier, plusieurs croyaient que le PRI pourrait être en mesure de réduire le nombre de meurtres en renouant avec ses anciennes tactiques de cohabitation avec des groupes criminels.

«Tout le monde semble penser que le PRI pourra rétablir l'ordre au Mexique, a dit David Shirk, de l'université de San Diego. Mais on voit des candidats ou des membres du parti être tués. Ils sont incapables de contrer la violence, même si on les dit capables de faire régner la bonne entente parmi les criminels.»

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