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L'ancien maire Applebaum obtient la permission de quitter le pays

04/07/2013 01:11 EDT | Actualisé 03/09/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Michael Applebaum a obtenu la permission de prendre des vacances à l'extérieur du pays même s'il fait face à plusieurs chefs d'accusation.

L'ancien maire par intérim de Montréal a récupéré son passeport la semaine dernière en vue d'un voyage d'une durée de 10 jours qui était prévu bien avant son arrestation, a indiqué jeudi l'un de ses avocats.

Les procureurs de la Couronne et les avocats de la défense sont convaincus qu'il rentrera au pays pour faire face aux accusations qui pèsent contre lui.

L'un des deux avocats qui représentent Michael Applebaum, Conrad Lord, a dit ignorer vers quelle destination s'envolera son client la semaine prochaine, mais il a néanmoins précisé qu'il ne s'agissait pas d'un voyage d'affaires.

Les rumeurs circulant à l'effet que l'ancien maire ait l'intention de se «sauver» aux Bahamas sont non fondées, a par ailleurs ajouté Me Lord.

«Je ne pense pas qu'il y a de préjudice ou de danger que M. Applebaum quitte et ne revienne pas. C'est un voyage qui était déjà prévu», a-t-il affirmé, précisant que son client n'avait qu'une seule adresse, au Québec.

Selon la procureure de la Couronne Marie-Hélène Giroux, il avait déjà été convenu que M. Applebaum pourrait quitter le pays pour un déplacement en particulier. Lorsqu'on lui a demandé si elle craignait que l'accusé ne rentre pas au bercail, elle a répondu: «Pas du tout».

Il est normal qu'une personne accusée au criminel doive remettre son passeport aux autorités, mais il n'est pas inhabituel que la Couronne autorise cet accusé à effectuer un déplacement spécifique à l'étranger.

Applebaum fait face à 14 accusations pour fraude, complot, abus de confiance et actes de corruption dans les affaires municipales. Il a démissionné de son poste de maire intérimaire un jour après son arrestation par l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

Saulie Zajdel, un ancien conseiller municipal qui s'est présenté aux élections fédérales pour les conservateurs en 2011, et Jean-Yves Bisson, un ancien haut fonctionnaire dans l'arrondissement Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce, ont été arrêtés dans le cadre de la même opération, baptisée «Méandre». Les trois hommes doivent comparaître le 9 octobre prochain.

Les avocats d'Applebaum étaient en cour jeudi afin de s'opposer à une demande émanant des médias, qui souhaitent consulter des mandats de perquisition actuellement sous scellés. Ils ne sont toutefois pas parvenus à trouver un juge pour entendre la cause jeudi. Elle se retrouvera sans doute devant un magistrat à l'automne.

Les avocats des deux camps opposeront des arguments opposant la liberté de presse à la présomption d'innocence. Me Lord a affirmé qu'il n'avait pas consulté les documents, mais il a maintenu que son client était innocent.

«Je préfère que (les preuves) ne soient pas divulguées — pas parce que nous avons peur du contenu, mais pour préserver toute preuve qui pourrait causer un préjudice au procès à venir.»

L'avocat a par ailleurs précisé que Michael Applebaum se trouvait toujours dans la région métropolitaine, même s'il ne s'est pas présenté au palais de justice de Montréal jeudi.

«Il n'a pas quitté, il est dans la région. Évidemment, aujourd'hui (jeudi), sa présence n'est pas requise (...) c'est une requête qui est présentée par les médias», a-t-il exposé.

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