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La France condamne l'espionnage des pays européens par la NSA

04/07/2013 01:47 EDT | Actualisé 03/09/2013 05:12 EDT

PARIS - Le ministre français de l'Intérieur, Manuel Valls, a vivement dénoncé jeudi l'espionnage allégué de la France et d'autres pays européens par l'agence nationale de sécurité des États-Unis (NSA).

M. Valls, qui est à la tête du ministère responsable de la sécurité intérieure, a fait une sortie remarquée alors qu'il était l'invité d'honneur d'un événement organisé par l'ambassadeur américain en France, Charles Rivkin, à l'occasion de la fête nationale des États-Unis.

Devant plusieurs centaines de convives, le ministre a affirmé que la France et les États-Unis se devaient d'entretenir des relations amicales basées sur la confiance et l'honnêteté.

Au nom du président François Hollande, il a exigé des réponses de la part des autorités américaines sur ces présumés actes d'espionnage. Des gestes qui n'ont pas leur place entre deux alliés et partenaires, a-t-il insisté.

Ces déclarations du ministre de l'Intérieur surviennent alors que Le Monde rapporte que la France disposerait de son propre programme de surveillance électronique semblable au programme PRISM de la NSA.

Le quotidien français, qui ne cite aucune source, a affirmé jeudi que la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), le principal service de renseignement de l'Hexagone, recueillait systématiquement de l'information sur toutes les données électroniques envoyées par ordinateur et téléphone en France, ainsi que sur toutes les communications entre le pays et l'étranger.

Selon le journal, tous les courriels, messages textes, appels téléphoniques et messages sur Facebook et Twitter sont recueillis et stockés au siège social de la DGSE à Paris. Il a précisé que c'était les métadonnées des communications qui étaient conservées et non leur contenu.

Toujours d'après Le Monde, les autres services de renseignement de la France ont aussi accès à ces archives, qui contiendraient des dizaines de millions de gigaoctets.

Par ailleurs, les membres du Parlement européen se sont entendus jeudi pour ouvrir une enquête sur les allégations selon lesquelles plusieurs des bureaux de l'Union européenne auraient été espionnés par la NSA et ont réclamé une meilleure protection pour les individus qui révèlent l'existence de ce genre de pratique.

Mercredi, les pays européens s'étaient aussi mis d'accord sur la nécessité d'ajouter la question de l'espionnage à l'ordre du jour des rencontres devant se tenir sur l'accord de libre-échange entre la zone euro et les États-Unis. Ces discussions doivent commencer dès la semaine prochaine.

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