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La Coalition syrienne veut un nouveau chef pour prouver sa solidarité

04/07/2013 06:17 EDT | Actualisé 03/09/2013 05:12 EDT

Les membres de la Coalition de l'opposition syrienne veulent démontrer qu'ils ne sont pas aussi divisés que ne le prétendent les États-Unis et l'Europe. Afin d'y arriver, ils se réuniront jeudi à Istanbul, la capitale turque, pour se choisir un nouveau président.

Les rebelles espèrent qu'une coalition unifiée convaincra les pays occidentaux à délivrer l'aide militaire officiellement promise il y a deux semaines. Ces pays de l'Ouest se joindraient ainsi au Qatar et à l'Arabie saoudite, qui ont déjà réussi à fournir aux révolutionnaires des armes légères.

« Nous espérons que la Coalition affichera cette fois un front uni après la réunion difficile de la fin mai. C'est important, car le contexte ne leur est vraiment pas favorable », a déclaré à l'AFP un diplomate occidental qui suit le dossier.

Pour l'instant, l'Ouest se bat toujours entre son désir d'aider les rebelles et sa crainte de plus en plus affichée de voir les armes tomber dans les mains d'islamistes radicaux.

Les États-Unis redoutent déjà que des militants sunnites affiliés à Al-Qaïda détiennent des armes légères délivrées par l'Arabie saoudite et le Qatar.

Pour le membre senior du Conseil révolutionnaire local, Abu Kassem, ce n'est pas encore suffisant. Selon lui, les rebelles doivent obtenir des armes plus sophistiquées si ils veulent pouvoir contrer la puissance aérienne de l'armée gouvernementale.

La Coalition se dispute encore à propos de qui sera leur leader pendant que le régime [de Bachar Al-Assad] continue d'accumuler des forces pour une attaque imminente sur Homs. Le trafic aérien est la seule façon d'avoir de l'approvisionnement dans cette ville », dit ce révolutionnaire.

Jour d'élections

Réunie à Istanbul, la Coalition aura deux jours pour se désigner un chef; nommer plusieurs vice-présidents et renouveler son conseil politique.

L'ancien chef de la Coalition, le cheikh Moaz al-Khatib, a démissionné au printemps dernier. En poste depuis novembre 2012, ce religieux dit modéré dénonçait un an demi plus tard cette « liberté qui fait défaut au sein des institutions officielles ».

Depuis, la Coalition avait nommé Georges Sabra au poste de chef intérimaire, mais sans réussir à empêcher les problèmes de divisions chez les rebelles.

Ces derniers espèrent qu'un nouveau chef éludera aussi les problèmes de gouvernance dus à la distance qui sépare les têtes dirigeantes des militants sur le terrain.

Pour l'un des membres seniors de la Coalition, Kamal al-Labwani, « la meilleure solution est de créer un conseil militaro-civil qui déménagera en Syrie ».

Avance stratégique pour le régime

Se déplacer en territoire de guerre représente toutefois un pari risqué pour les rebelles, qui doivent repousser depuis un mois une offensive majeure de l'armée de Bachar Al-Assad, épaulée par des centaines de combattants du Hezbollah chiite libanais.

Après avoir repris Qousseir, une région stratégique près de la frontière libanaise, les troupes gouvernementales et leurs alliés libanais ont lancé depuis lundi une nouvelle offensive contre la ville de Homs, un verrou entre le nord et le sud du pays où les rebelles se trouvent en état de siège.

La périphérie de Damas, la capitale syrienne, est également la cible de bombardements des fidèles de Bachar Al-Assad.

Le président a d'ailleurs déclaré en entrevue jeudi que ses opposants ont « épuisé tous leurs moyens » pour renverser le régime, mais sans y arriver. Il a répété que la guerre qui se joue dans son pays n'est pas une « révolution », mais bien une « conspiration » des pays occidentaux et arabes. 

Déclenchée il y a deux ans, la conflit en Syrie aurait déjà fait quelque 100 000 morts.

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