BIEN-ÊTRE

Jouissance, jarretelles et jeunes demoiselles: incursion dans le monde secret des escortes

04/07/2013 09:40 EDT | Actualisé 05/07/2013 10:47 EDT
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Escortes, courtisanes, travailleuses du sexe, prostituées.En réalité, que connaissons-nous de leur univers? Les préjugés vont bon train. Je me suis penchée sur le sujet.

Je ne me doutais nullement que de réussir à rencontrer une escorte en personne pour un interview relèverait de l’exploit.

C’est que le monde des escortes est impénétrable, et ce, pour une myriade de raisons. Drogue, revenus non déclarés, acte en soi illégal, mais pourtant toléré par les autorités. Complicité avec les hôtels (dont un notoire situé sur la rue St-Jacques) qui eux, reçoivent parfois une ristourne des agences référées à leurs clients.

La clientèle principale est constituée de touristes à 50% et de professionnels âgés de 35-50 ans. Car il faut être aisé pour se payer ce service : en moyenne $175-$250 le taux horaire pour les agences, et $250-$500/l’hre pour les escortes indépendantes. Et plus vous êtes jolie et agile, plus vous pouvez augmenter votre prix. Un « dinner date », (resto+l’acte sexuel) terme largement utilisé dans l’industrie, ira vous soutirer facilement $1,200. Vu les frais engendrés, la plupart des hommes optent pour une heure ou deux et font connaissance directement dans la chambre d’hôtel louée pour l’occasion. Faites le calcul: la demoiselle, la chambre ainsi que le resto? Très dispendieux, ce qui m’amène au point suivant.

Le client souhaite en avoir pour son argent, comme le dit l’adage. La jeune femme doit en mettre plein la vue. Si celle-ci peut avoir des relations intimes avec jusqu’à 10 clients différents par nuit, son mandat ne change pas d’un iota : performer et donner pleine satisfaction à chaque client. Épuisant? Le terme est faible.

Les filles sont en moyenne âgées de 18 à 25 ans. Certaines offrent leurs services à temps plein, d’autres à temps partiel. Vanessa se lance : « C’est très secret tout ça… ce sont des mamans, des épouses…C’est pour cela qu’elles ne sont pas intéressées à donner d’entrevues ». Leur routine quotidienne comprend : coiffure, manucure, bronzage, mise en forme. « C’est une routine de beauté exigeante », se plaint Maria. Car du coup, elles se sont toutes trouvées un surnom qui se termine en « A » : Mia, Jessica, des prénoms bilingues (pour les touristes) et qui font échos aux fantasmes. Si elles travaillent en agence, un chauffeur vient les chercher directement à la maison et s’arrêtera en chemin chercher d'autres de ses collègues. Il les ramènera au bercail une fois le quart de travail terminé. Ce qui signifie, plusieurs clients plus tard.

Il y a de plus en plus d’escortes indépendantes, car les agences, gourmandes, veulent leur part du gâteau : en moyenne 50% du taux horaire demandé. Le Printemps Érable (La grève étudiante québécoise de 2012) aurait gravement affecté leurs « ventes » notamment à cause d’une baisse de fréquentation des touristes. Et leur vache à lait? Le Grand Prix de la Formule 1.

Une autre tendance, cette fois-ci: les salons de massage vers lesquels se ruent les jeunes filles. Moins coûteux que la location d’une chambre d’hôtel, le salon de massage permet de concentrer en un seul lieu les « effectifs » et de recevoir plusieurs clients à la fois. Une menace pour les escortes indépendantes, confie Roxane, « car c’est beaucoup moins dispendieux … »

Il y a deux types d’escortes, la « GFE » ou la « PSE ». L’homme, ou parfois aussi le couple, dépendamment, choisit sa préférence : la « Girlfriend Experience » versus la « Porn Star Experience ». La première n’utilisera pas de condom pour la fellation et il sera permis d’éjaculer à même sa bouche, malgré le taux élevé de MTS, surtout la gonorrhée. Donc, plus risqué et ce, pour les deux partenaires). La deuxième, PSE, n’embrassera pas sur la bouche et l’acte sera plus mécanique, strictement sexuel. Et si jamais le client est hésitant, qu’il se rassure tout de go, il pourra, tel un Trip Advisor du sexe, aller lire les critiques de son choix final sur www.merc.ca (Montreal Escort Reviews). Ainsi pourra-t-il faire un choix éclairé. Si! Si!

Si le métier offre sa part de glamour, (champagne, croisières, bons restaurants, session shopping aux frais de monsieur) il n’en demeure pas moins un job, pour ces femmes. Prendre son pied lorsque la différence d’âge est cruelle (Johanna se souvient d’un client qui avait 71 ans, elle en avait 22), ou que le physique de monsieur nous rebute, pas le choix : il faut performer. Se plier aux fantasmes, aux préférences.

Parfois, certains fétiches dérangent. Explique Roxane : « Je me souviens d’un client qui souhaitait que je lui écrase les testicules avec mes talons aiguilles. Ça l’excitait ». Les odeurs corporelles, l’haleine, la façon dont elles sont traitées. Un rôle de composition, nécessaire surtout pour passer à travers les mauvais moments. Une clientèle importante d’hommes mariés ou en couple aussi, qui aiment leur conjointe, mais avec qui le sexe est au raplapla. Roxane : « Ils nous parlent de leur femme, qu’ils aiment. Ils veulent simplement du sexe. Pas de relation émotive. En un sens nous ne sommes pas un danger pour leur couple, car l’acte a une durée prédéterminée, et monsieur achète un service ».

La vérité toute crue est que oui, les escortes parviennent à obtenir des orgasmes, oui, elles aiment le sexe et oui, elles parviennent à s’amuser. En travaillant.

Et en gagnant de l’argent.

Beaucoup, beaucoup d’argent.

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