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Égypte : l'armée garantit le droit de manifester, sous condition

04/07/2013 07:14 EDT | Actualisé 04/07/2013 10:14 EDT
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CAIRO, EGYPT - JULY 03: Egyptian opposition protesters and officers of the Egyptian Republican Guard celebrate at the gates of the Republican Guard headquarters in the suburb of Nasr City after a broadcast by the head of the Egyptian military confirming that they will temporarily be taking over from the country's first democratically elected president Mohammed Morsi on July 3, 2013 in Cairo, Egypt. As unrest spreads throughout the country, at least 23 people were killed in Cairo on Tuesday and over 200 others were injured. It has been reported that the military has taken over the state television. (Photo by Ed Giles/Getty Images)

L'armée égyptienne a affirmé jeudi qu'elle ne prendrait pas de mesures arbitraires contre tout regroupement politique et qu'elle garantirait le droit de manifester, tant que les rassemblements ne pose pas de menace à la sécurité nationale.

« La sagesse, le véritable nationalisme et les valeurs humaines constructives que toutes les religions ont défendus, requièrent que nous évitions de prendre toute mesure exceptionnelle ou arbitraire contre toute faction ou courant politique », a déclaré le commandement de l'armée dans un message sur le réseau Facebook.

Appel à manifester vendredi

Malgré le renversement du président Mohamed Morsi et l'arrestation de leur chef et guide suprême, Mohamed Badie, les Frères musulmans n'entendent pas se laisser chasser du pouvoir sans coup férir. L'organisation islamiste a appelé les Égyptiens à une journée de manifestations, vendredi, contre le « coup d'État militaire ».

Le « Front national de défense de la légitimité » appelle les Égyptiens à manifester dans le cadre d'un « Vendredi de protestation ». Les islamistes « invitent ainsi les Égyptiens à prendre la rue et à se mobiliser pacifiquement », après la prière du vendredi, « pour dire "Non!" à la détention militaire, "Non!" au coup d'État militaire ».

L'appel à la manifestation a été émis depuis une mosquée de la banlieue du Caire où des partisans de M. Morsi tiennent une occupation des lieux depuis une semaine. Des véhicules blindés de l'armée égyptienne ont encerclé le quartier.

« Les Frères musulmans rejettent la terreur de l'État policier qui a arrêté des figures de la confrérie et du parti [le parti de la Liberté et de la Justice (PLJ), vitrine politique de la confrérie] », a indiqué le mouvement islamiste dans un communiqué. Les Frères musulmans tentent ainsi d'organiser leur riposte après deux journées difficiles au cours desquelles ils ont vu leur président destitué et leur chef et guide suprême arrêté.

egypte

Le président Mohamed Morsi, destitué mercredi, a été placé en détention à domicile dans un endroit gardé secret. Outre M. Morsi, une dizaine de ses plus proches collaborateurs ont été placés en détention à domicile.

Mohamed Badie a été arrêté dans la ville de Marsa Matrouh, dans le nord du pays près de la frontière libyenne. Les forces de sécurité ne croient pas qu'il tentait de fuir le pays. L'homme se trouvait dans une villa dans une ville balnéaire de la Méditerranée du nord du pays appartenant à un homme d'affaires lié aux Frères musulmans. M. Badie a été ramené au Caire à bord d'un hélicoptère militaire.

Le parquet égyptien avait lancé des mandats d'arrêt à l'encontre de Mohamed Badie et de son adjoint Khaïrat Al-Chater. Les deux hommes étaient recherchés pour incitation à la violence dans l'enquête sur les heurts qui ont fait huit morts cette semaine devant le siège cairote de la confrérie.

Homme d'affaires fortuné, Khaïrat Al-Chater est considéré comme le principal stratège politique de la confrérie. Il était le premier choix du mouvement islamiste pour l'élection présidentielle de 2012, mais des antécédents judiciaires l'ont contraint à s'effacer au profit de Mohamed Morsi.

Les Frères musulmans ont condamné l'interruption de la diffusion de leur chaîne de télévision, coupée par les forces de sécurité, mercredi soir, et le refus des imprimeries de l'État d'imprimer leurs publications.

Le régime de M. Morsi a reçu l'appui de la Tunisie, où le parti islamiste Ennahda se retrouve dans une position similaire. Le ministère des Affaires étrangères tunisien a dénoncé le « coup d'État militaire » perpétré contre un gouvernement démocratiquement élu. Le gouvernement tunisien est aux prises avec une contestation, bien que plus modeste, qui s'inspire du mouvement égyptien.

Adli Mansour assermenté

Plus tôt dans la journée, pendant qu'un calme relatif revenait dans les rues du Caire et de l'Égypte, le juge égyptien Adli Mansour a été assermenté en tant que président intérimaire, en remplacement du président islamiste déchu.

adli mansour

Des avions militaires ont survolé la capitale égyptienne à plusieurs reprises, quelques minutes avant l'investiture du président par intérim. Le nouveau président a soutenu la destitution de M. Morsi et le mouvement de contestation populaire au cours de son discours d'investiture. « Je salue le peuple égyptien qui a rectifié le 30 juin [jour des plus fortes manifestations anti-Morsi] le cours de sa glorieuse révolution », engagée début 2011 avec le renversement du président Hosni Moubarak.

M. Mansour a effectué une profession de foi envers les divers éléments de la société qui l'ont porté au pouvoir. Il a ainsi rendu hommage à l'armée, « conscience de la nation » qui « n'a pas hésité un moment pour répondre à l'appel du peuple », à la presse « courageuse et libre » qui « éclaire la route du peuple et révèle les méfaits de l'ancien régime ».

Quatorze chasseurs en formation ont ainsi sillonné le ciel brumeux du Caire, puis neuf autres, munis de fumigènes aux couleurs nationales, les ont suivis à basse altitude, tandis que des appareils à hélices passaient plus haut.

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