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Festival de jazz 2013: l'électro esthétique d'Austra (PHOTOS)

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AUSTRA
David Kirouac

Les fans d’Austra ont été ensorcelés par la voix hypnotique de Katie Stelmanis et les airs avant-gardistes du groupe qui présentait pour une première fois à Montréal, Olympia, album sorti il y a deux semaines. C’est dans un Club Soda plutôt rempli que la formation torontoise se produisait; les jeunes hipsters branchés s’étaient donné rendez-vous pour l’occasion.

Les six musiciens ont d’abord fait languir le public. Ils sont montés sur scène aux alentours de 11h35, ouvrant avec la piste qui lance aussi leur nouveau disque, What We Done?. Pendant les premières minutes, la voix classique de Stelmanis semblait beaucoup moins élastique qu’à l’habitude, puis, au fil des pièces, cette légère nervosité s’est envolée. On sentait la chanteuse de 28 ans en parfait contrôle de son instrument, surtout lorsqu’elle offrait des morceaux de Feel it Break.

Parfait mélange des deux albums, la soirée a ainsi permis aux spectateurs de constater la confiance du sextuor qui s’est amplifiée grâce à Olympia. Les musiciens ont tous ajouté leur grain de sel à ce dernier projet, ce qui résulte certes d’un ensemble hétérogène de chansons, mais aussi d’une grande sensibilité. Décidément, Katie Stelmanis a bien fait de confronter ses idées à celles de ses musiciens. Ce soir, on découvrait l’univers d’Austra de façon plus élargie. Une ambiance suspicieuse sur Sleep, un son d’orgue sur Hurt Me Now, le groupe nous dévoilait une belle palette de pistes musicales.

Dance émotif

C’est par une pièce comme Home, premier extrait d’Olympia qui a été interprété vers le milieu du spectacle, qu’on réalise les multiples contrastes du groupe. Katie a livré avec beaucoup d’émotion la première portion du titre, pour ensuite laisser place aux rythmes techno et à la puissante électro de son musicien Ryan Wonsiak. Ce qui chavire, c’est cette facilité à naviguer musicalement d’un extrême à l’autre. Lorsqu’on regarde Austra, on est ému, touché par des chansons sentimentales, puis quelques instants plus tard, on danse comme s’il n’y avait pas de lendemain. Et parlant de bouger, que dire de cet enchaînement des morceaux Lose it et Beat and the Pulse… Intense !

Austra n’a certainement pas offert sa plus belle prestation ce soir. À certains moments, le chant des jumelles choristes était enterré par les machines et la basse. Le son étant donc mal calibré, on avait l’impression que cela devenait un tantinet cacophonique sur certaines chansons. Cela dit, cette performance, comme toutes les performances d’Austra, captivait. Quand on ne se déchaîne pas sur leur synth-pop rétro futuriste, on frémit en entendant la voix dramatique et quasi gothique de la chanteuse, et on observe l’esthétisme des six artistes sur scène. Gracieux mouvements des sœurs Lightman, vêtements aux manches bouffantes… Austra représente l’esthétisme jusqu’au bout des doigts…et jusqu’à la dernière note.

P.-S. Pour les fans du groupe qui auraient raté le spectacle, Sari, l’une des deux choristes, a déménagé à Montréal il y a quelques jours. Elle se cherche des amis et dit aimer la pizza et les nachos. Des intéressés ?

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Festival de jazz: 3 juillet 2013
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