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Turquie: un tribunal annule le projet urbain à l'origine de la fronde anti-gouvernementale

03/07/2013 12:58 EDT | Actualisé 02/09/2013 05:12 EDT
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ISTANBUL TURKEY - JUNE 19: (TURKEY OUT ) People stand during a silent protest in Taksim Square June 19, 2013 in Istanbul, Turkey. Performance artist Erdem Gunduz, nicknamed 'The Standing Man,' became a new symbol of the anti-government protests after a eight-hour vigil in Taksim Square. Gunduz reportedly said he was protesting in solidarity with demonstrators after they were evicted from Gezi Park that adjoins Taksim Square. The protests began in May, with environmentalists upset over plans to build in Gezi Park, and has grown into a broader demonstration against Prime Minister Tayyip Erdogan's government. (Photo by Burak Kara/Getty Images)

Un tribunal d'Istanbul a annulé le projet d'aménagement urbain controversé de la place Taksim à l'origine de la fronde antigouvernementale qui a agité la Turquie pendant trois semaines, ont rapporté mercredi les médias turcs.

Dans sa décision, prise début juin mais dont les détails ont été révélés mercredi par plusieurs journaux turcs sur leur site internet, la 1ère Cour administrative a justifié son annulation, susceptible d'appel, par le fait que la "population locale" n'avait pas été consultée sur ce projet.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, principale cible des manifestants, avait annoncé au plus fort de la crise, le 14 juin, que son gouvernement islamo-conservateur respecterait la décision finale de la justice dans ce dossier et qu'il suspendait les travaux d'aménagement controversés de la place jusqu'à un jugement définitif.

La Cour a argumenté son jugement par le fait que "le plan directeur du projet viole les règles de préservation en vigueur et l'identité de la place et du Parc Gezi" qui la borde, selon le jugement cité par les quotidiens Zaman et Hürriyet.

Le 31 mai, la police turque était violemment intervenue pour évacuer quelques centaines de militants écologistes du parc Gezi qui s'opposaient à l'arrachage de ses 600 arbres dans le cadre d'un projet d'aménagement de la place Taksim.

Ce projet, défendu par le chef du gouvernement Erdogan et ancien maire d'Istanbul, prévoit la reconstruction d'une ancienne caserne ottomane à la place du parc et la construction de tunnels, aujourd'hui presque achevés, pour rendre la place piétonne.

La violence de cette intervention avait suscité la colère de nombreux Turcs et transformé le mouvement de défense du parc Gezi en vaste contestation politique contre le gouvernement, au pouvoir depuis 2002.

Selon des estimations de la police, quelque 2,5 millions de personnes sont descendues dans la rue de près de 80 villes pendant trois semaines pour exiger la démission de M. Erdogan, accusé de dérive autoritaire et de vouloir "islamiser" la société turque.

Le parc Gezi a été occupé pendant plus de deux semaines par des milliers de manifestants, qui en ont été délogés définitivement par la force le 15 juin.

Ces manifestations sans précédent ont fait quatre morts et près de 8.000 blessés, selon l'Association des médecins.

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