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Nigéria: au moins 20 000 réfugiés nigérians se sont rendus au Cameroun

03/07/2013 02:40 EDT | Actualisé 02/09/2013 05:12 EDT

ASHIGASHIYA, Cameroun - Au moins 20 000 réfugiés ont fui au Cameroun pour échapper aux tensions des villages du nord-est du pays, qui seraient devenus des repères d'islamistes, a rapporté mercredi un législateur du Nigéria.

Le chef de communauté a aussi indiqué que les résidants avaient fui les attaques de l'armée nigériane, une accusation déjà lancée par des organisations de défense des droits de la personne. Selon ces groupes, les troupes déployées pour combattre les insurgés ne font pas de distinction entre militants et civils, et tuent aussi ces derniers.

Des civils figuraient ainsi parmi les 13 présumés extrémistes tués par des militaires dans deux villages des collines de Gwoza, le 15 juin dernier, a déclaré Sadiqui Ali.

Le colonel Danladi Hassan était venu rassurer les villageois, leur affirmant qu'aucun soldat ne tuerait quiconque illégalement, a-t-il raconté. Mais cinq jours plus tard, les habitants avaient été réveillés par le bruit des tirs de feu dans des affrontements qui se sont soldés par la mort de huit civils, a accusé M. Ali

Il s'adressait aux représentants nigérians ayant visité, mardi, les réfugiés près du village d'Ashigashiya, de même que dans deux autres campements du nord du Cameroun.

Les tensions religieuses ne cessent d'augmenter entre réfugiés et ceux restés dans le nord-est du Nigéria, où le gouvernement a déclaré l'État d'urgence. L'alerte s'applique au sixième du pays depuis le mois dernier, les autorités ayant reconnu que les militants de la secte radicale Boko Haram avaient pris le contrôle des villages et de certaines villes du secteur.

Le gouverneur adjoint de l'État de Borno - d'où sont originaires les réfugiés -, Zannah Umar Mustapha, a plaidé en faveur de leur retour, affirmant que le gouvernement prendrait les arrangements nécessaires pour assurer leur sécurité.

Aucun d'entre eux ne semblent toutefois croire que le gouvernement nigérian puisse les protéger, alors que les civils se disent terrorisés aussi bien par les insurgés et que les soldats des forces de l'ordre.

Les insurgés islamistes ont tué plus de 1600 personnes au pays depuis 2010, selon un bilan de l'Associated Press. Les soldats sont accusés d'en avoir assassiné des centaines d'autres, mais l'armée rejette cette accusation.

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