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Les marchés portugais chutent dans un contexte de crise politique

03/07/2013 06:29 EDT | Actualisé 02/09/2013 05:12 EDT

LISBONNE, Portugal - Le gouvernement portugais risquait toujours de s'effondrer mercredi, ce qui a fait plonger les marchés financiers européens et ravivé les inquiétudes quant à la stratégie de la zone euro pour régler la crise financière qui s'y prolonge.

Le premier ministre Pedro Passos Coelho a défié les appels à la démission émis tard mardi, mais ses options pour faire tenir son gouvernement de coalition de centre-droite commençaient à se faire rares. Deux importants ministres ont démissionné au cours de la dernière semaine en raison d'un différend au sujet des mesures d'austérité.

Si le gouvernement de coalition devait éclater, le parti au pouvoir ne contrôlerait plus assez de vote au Parlement pour mettre en place les réformes nécessaires pour toucher les fonds de sauvetage internationaux desquels le pays dépend pour éviter la faillite. Une telle éventualité replacerait le Portugal à l'avant-plan de la crise des dettes européenne, ce qu'il a évité depuis l'obtention de son sauvetage en 2011.

Le principal indice boursier du pays, le PSI 20, a reculé mercredi de 5,3 pour cent, les titres des banques ayant cédé jusqu'à 13 pour cent. Les places boursières du reste de l'Europe ont aussi souffert de la situation portugaise. L'indice allemand DAX a effacé un pour cent, tandis que l'indice IBEX de l'Espagne a effacé 1,6 pour cent.

Le taux d'intérêt des obligations de 10 ans a en outre bondi de 0,85 point de pourcentage à 7,31 pour cent, un indice supplémentaire de la nervosité des investisseurs. Ce taux de référence est largement supérieur à son niveau de 5,23 pour cent du mois de mai, mais il reste néanmoins moins important qu'il ne l'était il y a environ un an, à 9,77 pour cent.

Le Portugal s'est entendu il y a deux ans avec les autres pays de la zone euro, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international sur un programme de sauvetage de 78 milliards d'euros. En retour des prêts, et pour garder le contrôle sur sa dette, le Portugal a accepté de mettre en place une série de coupes et de réformes particulièrement sévères.

Le pays doit en outre garder un contrôle strict sur ses finances pour être en mesure de rejoindre les marchés internationaux de dette lorsque prendront fin les prêts de sauvetage, en juin 2014. Il vise une réduction du déficit budgétaire à 5,5 pour cent en 2013, par rapport à 6,4 pour cent l'an dernier.

Le programme d'austérité a fortement ralenti l'économie portugaise. Le taux de chômage s'y situe maintenant à 17,6 pour cent et plus de 42 pour cent des jeunes du pays sont sans emploi.

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