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Festival de jazz 2013: Nicolas Repac, le rétro futuriste (ENTREVUE)

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Rétro futuriste. Voilà comment Nicolas Repac décrit sa musique et voilà aussi comment sa dernière œuvre, Black Box, peut être qualifiée. L’excentrique compositeur et arrangeur français viendra présenter cet album qui est sorti il y a environ un an, sous une formule solo, ce mercredi à L’Astral, dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal. Entrevue.

Ceux qui connaissent déjà Nicolas Repac sont au fait de son intérêt pour les albums concept, c’est-à-dire que Swing Swing, sorti en 2004, s’intéressait au jazz, tandis que Black Box s’oriente vers le blues. Sur scène, pour conserver la cohérence de ce dernier effort, il ne jouera aucun morceau des autres disques. « C’est un peu comme un voyage avec sons et images. Je suis seul sur scène, dans une boîte noire et il y a des projections vidéo autour de moi sur des panneaux de tulle. Je revisite chaque pièce en donnant la part belle à l’improvisation », explique l’homme qui mélange échantillonnage et musique du monde.

Une boîte noire musicale

Black Box…boîte noire d’un écrasement d’avion. Le lien est bien réel et Nicolas Repac tente de transfigurer l’idée à ses compositions. « C’est un peu comme si on pouvait y retrouver des trésors intacts, malgré que les gens soient morts et que la musique prenne racine dans les années 20-30. […] Mon instrument de prédilection, l’échantillonneur, me permet de faire se côtoyer dans une même pièce des tas de choses qui n’auraient jamais pu se rencontrer autrement. Les morts rencontrent les vivants », déclare-t-il.

LES TROIS QUESTIONS HUFFPOST

1. Quel artiste suggérez-vous aux Montréalais d’aller voir durant le festival, mis à part vous ?

R. Wax Tailor

2. Nommez un lieu que vous avez apprécié à Montréal.

R. Le Mile-End et le Vieux-Montréal avec les immeubles des années 20.

3. Nommez un mot pour décrire votre œuvre.

R. Rétro futuriste

Pourquoi le blues?

Toujours dans l’envie de donner une touche moderne et quasi futuriste à des extraits du passé, l’artiste dit avoir choisi le blues car il retrouve dans ce genre « plein de choses qui font écho à notre monde ». Admettant avoir davantage exploité le sentiment du blues que le blues des puristes, il poursuit donc son exploration de musiques noires. « Ce sont des musiques qui me passionnent depuis mon enfance. Le blues, c’est universel », pense Repac.

Le Français s’est donc alimenté de différents documents sonores pour juxtaposer des éléments historiques, dont celui d’un chaman amérindien, de chanteurs africains et haïtiens à des voix contemporaines, comme celle de Bonga. Encore une fois, il témoigne de son désir de ramener des chanteurs d’époques et de lieux différents dans une même œuvre. « J’aurais pu rester centré sur l’Amérique, mais je me suis aperçu en cours de route que l’idée était plus audacieuse et innovante si je proposais un voyage musical en plusieurs langues, toujours en évoquant ces sentiments de joie et de tristesse que l’on retrouve dans le blues », affirme-t-il.

Un travail de longue haleine

Quatre ans de travail, 45 morceaux et 15 pistes finales, voilà en quelques chiffres comment s’est construite la boîte noire blues de Nicolas Repac, qui constatait avoir passé beaucoup de temps sur son projet pour des raisons juridiques. « C’est ce qui explique que j’ai produit autant de matériel», dit-il. « J’ai dû abandonner un tas de morceaux en cours de route et je crois que si j’avais continué à me battre juridiquement pour en obtenir les droits, je ne les aurais toujours pas acquis aujourd’hui. Ces problèmes ont nourri ma création parce que l’adversité juridique a renforcé ma compétitivité artistique », renchérit-il.

À force d’entendre des extraits de tout genre pour recomposer des pièces en studio, l’artiste admet ne plus passer autant de temps qu’avant à écouter de la musique pour le plaisir. « J’écoute les choses essentielles, parce qu’il y a dans notre monde tellement de choses à entendre. Sinon, c’est vrai que j’écoute moins de trucs qu’avant. On dit que les cordonniers sont mal chaussés et je crois que c’est pareil pour les musiciens », dit-il en riant.

Nicolas Repac – 3 juillet, 21h – L’Astral

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Festival de jazz: 1er juillet 2013
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