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L'ex-président tchadien Habré inculpé de crimes contre l'humanité

02/07/2013 03:22 EDT | Actualisé 31/08/2013 05:12 EDT

La justice sénégalaise a officiellement inculpé l'ancien président tchadien Hissène Habré de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et actes de torture, et a décidé son maintien en détention dans l'attente de son procès, a annoncé mardi son avocat.

Hissène Habré, âgé de 71 ans, a été arrêté dimanche au Sénégal, où il réside depuis son exil il y a 22 ans, et doit être jugé par un tribunal spécial, mis en place en accord avec l'Union africaine, pour des crimes commis lors de sa présidence, entre 1982 et 1990.

« Il sera maintenu en détention à partir d'aujourd'hui », a annoncé François Serres, avocat de Hissène Habré. « Il a été officiellement inculpé. Nous n'avons pas pu prendre connaissance des chefs d'accusation. Nous n'avons pas pu nous exprimer. C'est une conception très particulière de la justice. »

L'ancien président sénégalais Abdoulaye Wade a tardé à entamer des poursuites judiciaires contre Hissène Habré, condamné à mort par contumace pour crimes contre l'humanité par un tribunal de N'Djamena en 2008.

Après un rappel à l'ordre, l'an dernier, de la Cour internationale de justice, le nouveau président Macky Sall, élu en avril, a accéléré la procédure, qui a finalement débouché sur l'arrestation de Hissène Habré, au lendemain d'une visite au Sénégal du président américain Barack Obama.

« C'est une victoire éclatante pour les victimes de Habré, qui n'ont jamais perdu l'espoir de voir un jour justice rendue », a estimé Reed Brody, conseiller juridique de l'ONG new-yorkaise Human Rights Watch (HRW).

« Cette arrestation tire un signal d'alarme pour les dictateurs dans le monde, qui envisageraient de perpétrer des massacres, et elle leur rappelle qu'ils ne seront jamais à l'abri de leurs victimes », a-t-il ajouté dans un communiqué.

HRW a précisé que Hissène Habré serait détenu dans le principal hôpital de Dakar, dans un service spécial réservé aux prisonniers qui ont des problèmes de santé.

Si le procès a bien lieu, il constituera un précédent, car aucun chef d'État n'a jamais été jugé pour des crimes de ce type par la justice d'un autre pays que le sien. Il ne devrait cependant pas se tenir avant début 2015, car l'enquête préliminaire n'est pas encore terminée.

Reuters

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