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L'ex-dictateur tchadien Hissène Habré accusé de crimes contre l'humanité

02/07/2013 02:11 EDT | Actualisé 01/09/2013 05:12 EDT

DAKAR, Sénégal - L'ex-dictateur tchadien Hissène Habré a été accusé mardi de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de torture par un tribunal spécial instauré au Sénégal pour le juger.

Ces accusations ont été déposées après une enquête de plusieurs mois visant à déterminer le rôle qu'a joué l'ex-dictateur dans l'assassinat de dizaines de milliers de Tchadiens entre 1982 et 1990.

Au terme d'une rencontre de deux heures, les Chambres africaines extraordinaires ont aussi exigé la poursuite de la détention de l'ex-dictateur. Hissène Habré est emprisonné depuis dimanche, après avoir été arrêté dans sa villa de Dakar. Il vivait au Sénégal librement depuis qu'il avait été chassé du pouvoir lors d'un coup d'État militaire il y a 22 ans.

L'arrestation et l'inculpation de Hissène Habré ont été saluées par les représentants de plusieurs groupes de victimes présumées de l'ex-dictateur. Jacqueline Moudeina, une avocate membre de l'Association tchadienne de promotion et de défense des droits de la personne, espère que justice sera rendue dans le dossier. Son organisation lutte depuis vingt-deux ans, dit-elle, pour que l'ex-dictateur soit accusé pour les nombreux assassinats qui ont eu lieu sous sa gouverne.

Malgré les actes qui lui sont reprochés, Hissène Habré a pu poursuivre une vie relativement normale au cours des vingt dernières années. Pendant que les autorités africaines et sénégalaises tentaient de s'entendre sur l'endroit où il devait être traduit en justice, l'ex-dictateur vivait en liberté à Dakar.

S'il est reconnu coupable des crimes qui lui sont reprochés, Habré pourrait écoper d'une peine de prison à vie.

Selon des preuves amassées par l'ONG Human Rights Watch, des dizaines de milliers de personnes auraient été assassinées sous la gouverne de l'ex-dictateur tchadien. Habré, membre du groupe ethnique des Goranes, aurait ordonné la torture d'opposants politiques et de citoyens tchadiens d'origines ethniques différentes à la sienne pendant près de dix ans.

Une commission spéciale formée en 1992 avait conclu que 40 000 personnes avaient été tuées sous son régime. Pendant cette période, Habré aurait reçu l'appui financier de la France et des États-Unis, qui le percevaient alors comme un allié, prêt à lutter contre le régime du dictateur libyen Mouammar Kadhafi.

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