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Le prix des loyers : nouveau fléau des locataires, dit le FRAPRU

02/07/2013 12:17 EDT | Actualisé 01/09/2013 05:12 EDT

Après plusieurs années marquées par une pénurie de logements, c'est désormais l'accessibilité financière qui est devenue le principal fléau des locataires, selon le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

Au lendemain de la journée traditionnelle des déménagements du 1er juillet, le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant, souligne que dans la région de Québec, le coût de la location d'un logement a augmenté de 47 % entre 2000 et 2013 pour atteindre 763 $ par mois. « Pour payer un tel loyer sans y consacrer plus que la norme de 30 % de ses revenus, une famille monoparentale devrait gagner au moins 30 500 $ par année », explique M. Saillant.

« Dans la région de Montréal, le coût mensuel moyen des plus grands logements a grimpé de 44 % pour se chiffrer à 907 $ », avance le FRAPRU, qui ajoute que les familles qui souhaitent se loger dans un tel logement devraient avoir un revenu d'au moins 36 280 $ par année pour éviter de se retrouver sous le seuil de la pauvreté.

Le FRAPRU établit un lien entre cette hausse des coûts du logement et l'augmentation de 18 % du nombre de causes pour non-paiement de loyer entendues à la Régie du logement depuis 2000. La régie a ainsi entendu 47 049 causes en 2011-2012 au Québec, dont près de la moitié (21 390) au seul bureau de Montréal.

Le vieillissement du parc locatif représente également une source d'inquiétude pour les locataires, et c'est encore une fois à Montréal où le problème est le plus criant, puisque 69 % des appartements y ont été construits avant 1970, dont 46 % avant 1960. La situation devrait donc engendrer une multiplication des problèmes de salubrité et de sécurité, selon M. Saillant.

Le FRAPRU interpelle le gouvernement Marois

Le FRAPRU soutient ainsi que la classe politique a tort de considérer la pénurie de logements comme chose du passé, et estime que la baisse des mises en chantier de logements locatifs à l'échelle provinciale - principalement dans la région métropolitaine, où elle a chuté de 60 % entre 2007 et 2012 - pourrait entraîner un retour de la pénurie de logements.

Le FRAPRU invite le gouvernement de Pauline Marois à donner suite aux recommandations de la Commission populaire itinérante sur le droit au logement. Cette dernière a remis son rapport en mars dernier à la suite d'une tournée de consultation dans toutes les régions du Québec.

Le rapport propose de doter le Québec d'un politique d'habitation, d'inclure le droit au logement dans la Charte des droits et libertés, d'élaborer un code-modèle du logement et de resserrer les contrôles de la Régie du logement.

Le FRAPRU recommande aussi d'accroître rapidement la construction de logements sociaux. « Partout au Québec, le logement social pourrait dédommager pour le désintéressement des investisseurs privés à l'égard de la construction de logements locatifs, en s'assurant de surcroît de leur pleine abordabilité », a déclaré une organisatrice du FRAPRU, Marie-Josée Corriveau.

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