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L'Agence de santé publique de Toronto plaide en faveur d'un site d'injection

02/07/2013 07:59 EDT | Actualisé 01/09/2013 05:12 EDT

TORONTO - La Ville de Toronto devrait considérer l'intégration de nouveaux centres d'injection supervisée dans les établissements de santé déjà existants afin de contribuer à diminuer le nombre de décès attribuables aux surdoses de drogue, a suggéré mardi l'agence de santé publique de la municipalité.

Dans un rapport déposé mardi, l'Agence de santé publique de Toronto indique que les études menées à Vancouver, où un site d'injection a ouvert ses portes il y a déjà dix ans, et dans d'autres pays démontrent que ce genre de service est efficace pour la prévention des décès liés aux surdoses de drogue, de même que pour réduire les risques de transmission de maladies.

Quelque 900 personnes sont mortes à la suite d'une surdose de drogue à Toronto entre les années 2002 et 2010, selon les données du Bureau du coroner en chef de l'Ontario. De ce nombre, 538 étaient attribuables à des opiacés.

Le projet-pilote de sites d'injection supervisée est l'une des deux recommandations principales mises de l'avant par l'agence de santé publique dans son rapport, présenté mardi à Toronto.

L'agence plaide aussi en faveur du retrait de la récente proposition de projet de loi C-65 sur le «respect des communautés». Selon l'agence, une telle proposition rendrait plus difficile la mise sur pied d'un site d'injection, puisqu'il faudrait d'abord consulter la communauté, les autorités provinciales et municipales, en plus des représentants des forces de l'ordre.

La Ville Reine n'a aucun site d'injection supervisée pour les consommateurs de drogue, alors qu'elle pourrait profiter de l'ouverture de plusieurs petits sites de ce genre, a plaidé la porte-parole de l'Agence de santé publique de Toronto, la docteure Rita Shahin.

Elle a ajouté s'attendre à une certaine opposition de la communauté, bien qu'il n'y ait eu aucune discussion, pour l'instant, sur une possible localisation de ces sites d'injection.

La docteure Shahin a toutefois souligné qu'aucun site ne serait ouvert dans un établissement où il n'y a pas déjà des installations prévues pour les toxicomanes.

Les communautés ayant adopté une telle stratégie ont vu diminuer le nombre de seringues souillées dans les rues, a-t-elle fait valoir.

En 2010, quelque 75 000 consommateurs de drogue de Toronto avaient accès à des services d'échange de seringues, mais ce service ne permet pas d'empêcher les morts par surdose, a indiqué la médecin, ajoutant que les sites d'injection supervisée comptent une équipe d'infirmières qui peuvent surveiller les toxicomanes à risque.

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