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Cellulite: Jetons-nous notre argent par les fenêtres pour la combattre?

03/07/2013 09:39 EDT | Actualisé 23/04/2015 09:19 EDT
Getty
Youn woman squeezing leg to show no cellulite

Lasers, crèmes, ultrasons ou radiofréquences : la cellulite ajoute constamment d’autres chapitres à sa rondelette histoire.

La vraie, la pseudo

L’histoire de l’humanité est peuplée de silhouettes enrobées de cellulite, des statues préhistoriques aux muses des peintres (Titien, Renoir, Rubens), en passant par la danseuse Isadora Duncan qui «faisait le tour de la scène en roulant».

D’un strict point de vue médical, la cellulite est une grave, rare et douloureuse infection des tissus situés sous la peau.

Depuis qu’il a été repris par des esthéticiens français dans les années vingt, le terme désigne une particularité esthétique affectant 90% des femmes, minces ou grasses – le surplus de poids la rendant simplement plus visible.

Cellulite: d’elle à elles

Sous la peau, chaque grappe de gras féminin est encastrée dans une gaine fibreuse, perpendiculaire à la peau.

En gonflant (à cause de variations hormonales), les alvéoles de gras infiltrent leur gaine fibreuse (qui se déforme), tout en exerçant une pression contre le mince épiderme féminin. Résultats : des bosses matelassées bien visibles, typiques de la peau d’orange.

Une fois coincées dans ce filet conjonctif, les grappes de gras compriment aussi les vaisseaux sanguins, entravant leur fonction de pompage. Embourbée d’eau et de lymphe, la cellulite (ou lipodystrophie) tend donc à stagner. De là l’importance de bouger, de se nourrir sainement et de réduire le sel. À cela peuvent s’ajouter des traitements aux effets modestes et… temporaires.

Efficaces, les crèmes?

Outre leurs actifs hydratants et lissants (dont le silicium), les crèmes anticellulite contiennent des extraits végétaux à effet diurétique (prêle, lierre, algue, etc.), notamment des xanthines (caféine, théophylline, aminophylline). En plus de chouchouter le grain de peau, le fait de la masser active sa microcirculation locale. Ce cumul de petites attentions soutenues peut estomper la cellulite de façon… imperceptible. (Les tissus sous-cutanés ne sont pas atteints.)

Massages : manuels ou mécaniques?

En cabinet d’esthétique, le drainage lymphatique peut aider à drainer la lymphe stagnante et, du coup, atténuer la peau d’orange. Effectués avec les appareils d’endermologie (Cellu M6), les vacu-massages mécanisés font de même à coup de manœuvres aspirer/palper/rouler. À domicile, un appareil de type Wellbox favorisera le maintien de résultats, par ailleurs modestes.

Mésothérapie : électrisante?

En cabinet d’esthétique, l’électro-mésothérapie (Infusion) recoure à des pulsations électriques pour rendre la peau plus perméable au sérum qui y est diffusé. La peau peut s’en trouver assouplie et raffermie. Le traitement n’a toutefois pas prouvé son efficacité. Logique, étant donné que les structures sous-cutanées ne sont pas modifiées en profondeur.

Radiofréquences : en ondes partout

En cabinet médical, les radiofréquences (RF) stimulent la production d’un nouveau collagène en chauffant les tissus cutanés en profondeur, ce qui les tonifie et les raffermit.

Plusieurs appareils font appel aux RF (Kim Kardashian a rendu célèbre le VelaShape), tandis que d’autres (VelaShape 11, VelaSmooth, SmoothShapes) les combinent à de l’infrarouge et à de la succion. La différence? Le traitement est plus ou moins confortable selon que l’énergie transmise l’est par un seul pôle (Thermage, plusieurs (Vénus Freeze), ou encore jouxtée à d’autres sources.Les résultats (variables) perdurent tout au plus quelques mois.

RFTAL : liposuccion nouveau genre

Un liporaffermissement assisté par radiofréquences (RFTAL) est aussi possible avec le BodyTite. Menée sous anesthésie locale, cette procédure consiste à aspirer le gras avec une canule, tandis que les RF raffermissent les tissus.

De cette façon, la cellulite peut être légèrement estompée et le corps, remodelé.

Laser : enfin efficace?

En ce qui concerne le laser, le Cellulaze (1440 nm) fait fureur au Royaume-Uni et aux États-Unis depuis janvier 2012.

Cellulaze promet d’éradiquer la cellulite de façon définitive en liquéfiant ses gras, en brûlant les cloisons conjonctives déformées et en tonifiant le derme. Les résultats obtenus le seraient en une séance.

Cellulaze : la controverse

Le Cellulaze soulève toutefois la controverse.

Outre l’absence de recul et de données scientifiques (l’autorisation de la FDA américaine aurait été permise en se basant sur de petites études, avec un recul de trois mois), plusieurs cas de complications auraient été recensés. Brûler les fibres de soutien peut en effet induire des «fuites» et des accumulations sous-cutanées de sérum devant être ponctionnées à intervalles réguliers (sérome). Le Cellulaze est d’ailleurs interdit en France. En comparaison, le laser froid (Zérona) est inoffensif et inefficace, au point de devoir être complémenté de nombreux verres d’eau et un mode de vie sain…

Ultrasons : le gras pulvérisé

Avec les ultrasons (Liposonix, UltraShape 3), de puissants ultrasons focalisés à haute énergie (HIFU) «dissolvent» le contenu des cellules graisseuses en les chauffant. Malheureusement, cette technique de remodelage est surtout indiquée pour le petit bedon ou les bourrelets (dans le cas du LipoSonix). De plus, elle ne change en rien l’aspect de la peau d’orange.

Froidure : cristalliser le gras

Pour sa part, la cryolipolyse (CoolSculping de Zeltiq) détruit les cellules graisseuses par le froid.

En bref, les bourrelets comprimés entre deux panneaux sont «succionnés» à 5o C, une température qui détruit les cellules graisseuses en les cristallisant. Vu que l’applicateur-ventouse adhère seulement à certaines zones corporelles (abdomen, dos, etc.), pour l’instant, la cryolipolyse ne peut traiter la cellulite. De plus, on manque de recul face au traitement.

En conclusion

Une pléthore d’autres appareils inonde le marché, dont le BodySculptor, le Celluwave, l’Icoone, le Lapex, le New Life, l’Oxy Life Nova, le slip Botttom, l’UltraShape, le WaterBike, sans compter l’électrostimulation ou les ondes acoustiques (des ultrasons que l’on ne peut entendre). Autant avouer que la cellulite n’a pas encore dit ses derniers… maux!

Et les prix?

Le coût des traitements varie selon la condition cutanée (tonus cutané, IMC), le nombre et l’étendue des zones à traiter, ainsi que l’appareil requis. En conséquence, les prix oscillent de 400$ à 7000$ (pour le Cellulaze américain), sans qu’une disparition définitive ne puisse jamais être garantie. Mieux vaut prévenir l’affaiblissement des tissus conjonctifs par un mode de vie sain et actif… tout en sachant que la cellulite est inhérente à la condition féminine et qu’elle fait même souvent partie du patrimoine familial.

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