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Un asile au Venezuela pour l'ex-analyste de la NSA américaine Edward Snowden?

02/07/2013 12:45 EDT | Actualisé 01/09/2013 05:12 EDT
AP

PARIS - Le président bolivien a finalement quitté l'Europe pour rentrer chez lui mercredi, alors que continue de faire rage la querelle diplomatique qui a éclaté quand son avion a été dérouté vers l'Autriche parce qu'on soupçonnait la présence à bord de l'homme à l'origine des fuites sur les pratiques de l'agence américaine de sécurité nationale.

La Bolivie a réclamé des explications aux différents pays européens qui, selon elle, ont interféré avec le vol du président Evo Morales.

Des responsables français ont nié mercredi que la France ait refusé l'accès à son espace aérien à l'avion présidentiel, par crainte qu'Edward Snowden ne se trouve à bord, tandis que l'Espagne affirmait elle aussi que l'avion de M. Morales était libre de survoler son territoire.

Le Portugal a également réfuté avoir interdit à l'avion de pénétrer dans son espace aérien.

L'appareil de M. Morales a été dérouté vers l'Autriche mardi soir. Il a redécollé de l'aéroport de Vienne un peu avant midi, mercredi. Des responsables boliviens et autrichiens ont affirmé qu'Edward Snowden ne se trouvait pas dans l'avion, qui transportait le président Morales après sa visite en Russie, où il a laissé entendre que son gouvernement étudierait la demande d'asile de l'Américain en fuite.

L'ambassadeur de la Bolivie aux Nations unies, Sacha Llorenti, a répété mercredi à Genève que plusieurs pays européens ont interdit à l'avion présidentiel de pénétrer dans leur espace aérien. Il a estimé qu'il s'agit d'un acte d'agression et a accusé le France, le Portugal, l'Espagne et l'Italie d'avoir contrevenu au droit international.

M. Llorenti a ajouté que les ordres provenaient des États-Unis mais que d'autres pays ont violé l'immunité du président, mettant sa vie en péril.

Le ministre bolivien des Affaires étrangères, David Choquehuanca, a indiqué mardi que le gouvernement espagnol a permis à l'avion de se ravitailler en carburant sur son territoire après que la France et le Portugal eurent annulé l'autorisation de survol. De l'Espagne, l'avion s'est envolé pour l'Autriche.

Un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a affirmé mercredi que l'avion de M. Morales avait reçu l'autorisation de survoler le territoire français. Les responsables français n'ont pas voulu commenter les affirmations boliviennes à l'effet contraire.

Interrogé plus tard en journée lors d'un point de presse à Berlin, le président français François Hollande a tenté de faire la lumière sur cette affaire.

«Des informations contradictoires ont circulé concernant l'identité des passagers à bord d'un ou deux appareils, parce qu'il y avait aussi des doutes sur le nombre d'avions qui voulaient survoler le territoire français», a-t-il indiqué.

«Dès que j'ai su que c'était l'avion du président bolivien, j'ai immédiatement donné l'autorisation pour que l'appareil survole la France», a déclaré M. Hollande.

De son côté, le ministère espagnol des Affaires étrangères a déclaré par voie de communiqué que le pays a autorisé mardi l'avion bolivien à survoler son territoire et à s'arrêter aux îles Canaries pour refaire le plein de carburant. Un représentant a toutefois refusé de dire si l'Espagne avait demandé à inspecter l'avion, comme l'affirment les autorités boliviennes.

Edward Snowden se trouverait toujours dans la zone de transit de l'aéroport de Moscou, d'où il a demandé l'asile à plusieurs pays.