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Le ministre portugais des Finances remet sa démission

01/07/2013 07:18 EDT | Actualisé 31/08/2013 05:12 EDT

LISBONNE, Portugal - Le ministre portugais des Finances, Vitor Gaspar, a présenté sa démission lundi, affirmant avoir perdu toute crédibilité.

Le bureau du président du Portugal, Anibal Cavaco Silva, a annoncé la démission du ministre sur son site Web, précisant qu'il serait remplacé dans ses fonctions par la secrétaire d'État au Trésor, Maria Luis Albuquerque.

Dans sa lettre de démission, M. Gaspar affirme avoir perdu toute crédibilité en échouant dans l'atteinte des objectifs de déficit et en étant à l'origine des frictions entre la gauche et la droite dans le gouvernement de coalition, à l'heure où ses politiques de rigueur économique se font de moins en moins populaires.

M. Gaspar a occupé un rôle central au sein du gouvernement portugais en dirigeant les politiques d'austérité financière qui ont suivi le sauvetage de 102 milliards $ US, il y a deux ans. Il était auparavant économiste pour la Banque centrale européenne et n'avait aucune expérience en politique avant son élection, en juin 2011.

Le gouvernement portugais est assailli de critiques des partis de l'opposition, des syndicats et des dirigeants d'entreprises, qui exigent le retrait des politiques d'austérité instaurées par M. Gaspar. Le pays devrait connaître en 2013 sa troisième année de récession consécutive, en plus d'un taux de chômage qui s'établit à 17,6 pour cent.

Le départ du ministre des Finances ne devrait toutefois pas entraîner d'importants changements de politiques.

Le programme d'austérité a été imposé comme une condition sine qua non par les bailleurs de fonds du Portugal, soit le Fonds monétaire internationale et d'autres pays de l'Union européenne. La non-conformité du Portugal aux compressions budgétaires et aux hausses de taxes pourrait mener les bailleurs de fonds à suspendre leurs versements d'aide. Il deviendrait alors difficile pour le gouvernement de verser salaires et pensions.

Le successeur de M. Gaspar, Mme Albuquerque, a déjà pleinement appuyé les coupes dans les dépenses gouvernementales dans le passé.

L'ex-ministre a indiqué dans sa lettre de démission que le fait de ne pas avoir pu atteindre les objectifs de déficit budgétaire pour l'année 2012, en plus d'avoir dû demander aux créanciers d'alléger les objectifs pour l'année en cours, avaient miné sa crédibilité.

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