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L'armée égyptienne lance un ultimatum de 48h au président Morsi

01/07/2013 11:40 EDT | Actualisé 31/08/2013 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - L'armée égyptienne a donné lundi 48 heures au président islamiste Mohammed Morsi pour «respecter les demandes du peuple», faute de quoi elle interviendra pour mettre de l'avant une feuille de route politique et en assurer le respect.

Il s'agit d'un ultimatum de «la dernière chance», ont indiqué lundi les autorités militaires dans un communiqué lu sur les ondes de la télévision nationale et diffusé sur la place Tahrir, où s'étaient massés pour une deuxième journée consécutive des milliers de manifestants réclamant la démission du président.

L'armée a salué les manifestations de la veille, les qualifiant de «glorieuses», et a affirmé que les manifestants avaient exprimé leur opinion de manière «pacifique et civilisée».

La déclaration de l'armée met une énorme pression sur Mohammed Morsi et le mouvement dont il est issu, les Frères musulmans. Jusqu'à présent, le président s'est engagé à rester en poste, mais l'opposition et les manifestants ont clairement indiqué qu'ils ne baisseraient pas les bras et qu'ils ne se contenteraient de rien de moins que son départ et d'une transition en vue d'un scrutin anticipé.

Après minuit, le bureau du président Morsi a diffusé un communiqué affirmant qu'un «État démocratique moderne» est l'un des principaux accomplissements de la révolution contre l'ancien président Hosni Moubarak. «Avec toute sa force, l'Égypte ne se permettra pas de revenir en arrière», affirme le communiqué.

La présidence a indiqué que M. Morsi analysait toujours la déclaration de l'armée, tout en ajoutant que certaines parties de la déclaration «pourraient causer des troubles sur la scène nationale déjà compliquée».

La diffusion du message de l'armée a provoqué un tonnerre d'applaudissements sur la place Tahrir, au Caire, alors que les hélicoptères militaires survolaient cette place devenue le symbole de la révolution égyptienne ayant mené à la chute de l'ancien régime.

Les millions de manifestants qui demandent le départ de Mohammed Morsi doivent obtenir une «réponse à leurs appels», ont plaidé les représentants militaires dans leur déclaration.

«Perdre plus de temps apportera seulement plus de division et de conflits (...) Les nobles citoyens ont souffert et n'ont trouvé personne pour les traiter avec gentillesse ou pour sympathiser avec eux. Cela devient un fardeau moral et psychologique pour les forces armées», affirme la déclaration.

L'armée a par ailleurs souligné qu'elle ne serait pas «un parti en politique», mais a soutenu qu'elle avait la responsabilité d'agir puisque la sécurité nationale d'Égypte fait face à un «grave danger».

C'est la deuxième fois que Mohammed Morsi et l'opposition se voient adresser un ultimatum. Dimanche dernier, le ministre de la Défense, Abdel-Fattah el-Sissi, avait laissé deux semaines aux deux camps afin d'en arriver à une entente. L'ultimatum est venu à échéance dimanche. Le président a alors réitéré sa proposition de dialogue, que l'opposition a balayée du revers de la main.

Les organisateurs des manifestations de dimanche ont laissé à Mohammed Morsi jusqu'à la fin de la journée de mardi pour quitter ses fonctions, promettant une escalade des moyens de pression, incluant la désobéissance civile, s'il ne se plie pas à cette exigence.

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