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Berlin et Paris jugent inacceptable l'espionnage allégué de la NSA

01/07/2013 09:58 EDT | Actualisé 31/08/2013 05:12 EDT

BERLIN - Le gouvernement allemand a convoqué l'ambassadeur des États-Unis à Berlin, lundi, afin d'obtenir des explications concernant le controversé programme de surveillance de la National Security Agency (NSA).

L'administration Obama est sous le feu des critiques depuis que des médias européens ont révélé que des micros auraient été installés dans des bureaux de l'Union européenne (UE) en vertu du programme de la NSA.

«Écouter clandestinement ses amis est inacceptable, a tranché le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert. Nous ne sommes plus à l'époque de la Guerre froide.»

De son côté, le président français François Hollande a demandé à Washington de mettre fin immédiatement à ces pratiques alléguées.

«Nous ne pouvons accepter ce genre de comportement de nos partenaires et nos alliés», a lancé le dirigeant lors d'une allocution télévisée avant de prévenir que la France pourrait demander d'obtenir «des garanties» avant de signer un éventuel accord de libre-échange entre les États-Unis et l'UE.

«On ne peut avoir de négociations ou de transactions sur tous domaines qu'une fois obtenues ces garanties, pour la France, mais ça vaut pour toute l'Union européenne, tous les partenaires des États-Unis", a lancé François Hollande en marge d'une visite dans l'ouest de l'Hexagone.

La tempête diplomatique entre l'UE et les États-Unis a été déclenchée par la publication d'un article dans l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, selon qui a la NSA a installé des micros dans les bureaux diplomatiques de l'UE à Washington et a infiltré le réseau informatique du bâtiment. Des tactiques similaires auraient été utilisées dans la mission européenne aux Nations unies, à New York.

Ces informations sont en partie basées sur une série de révélations de l'ancien employé d'un sous-traitant de la National Security Agency (NSA) Edward Snowden, qui a demandé lundi l'asile politique en Russie.

Le secrétaire d'État américain John Kerry a affirmé qu'il n'était pas au courant des détails des allégations parues dans les journaux, mais a maintenu que plusieurs pays prenaient divers moyens afin de protéger leurs intérêts nationaux.

De passage en Tanzanie, lundi, le président Barack Obama s'est contenté de déclarer que toutes les nations du monde qui sont dotées de services de renseignement tentent de comprendre ce à quoi songent les autres nations. Il a ajouté que les États-Unis étudiaient toujours les informations parues dans le Der Spiegel, et que Washington offrirait à ses alliés européens toute l'information qu'ils désirent obtenir.

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