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Incidents à Rio en marge de la finale Brésil-Espagne

30/06/2013 11:49 EDT | Actualisé 30/08/2013 05:12 EDT

De brèves échauffourées se sont produites dimanche soir à Rio en marge de la victoire du Brésil face à l'Espagne 3-0 en finale de la Coupe des confédérations, répétition générale de la Coupe du monde de football de l'an prochain.

Alors que le Brésil traverse la plus grande période de contestation de ces 20 dernières années, les autorités avaient déployé quelque 10 000 policiers et agents de sécurité dans Rio et aux abords du stade Maracana, où se jouait la finale de cette épreuve.

Dans la soirée, quelques incidents ont eu lieu près du stade, où la police est intervenue à coups de gaz lacrymogènes pour disperser des protestataires.

D'après des médias brésiliens, deux policiers au moins ont été blessés. L'un a été atteint par un cocktail Molotov à une jambe; l'autre a reçu un coup à la tête. Six manifestants ont également été légèrement blessés.

En début d'après-midi, un cortège de 5000 manifestants environ avait défilé dans le calme à proximité du Maracana.

Mais la mobilisation était sans commune mesure avec la contestation de ces dernières semaines qui a jeté jusqu'à un million de personnes dans les rues d'une centaine de villes du pays.

Parti d'une manifestation contre la hausse des tarifs dans les transports publics de Sao Paulo, le mouvement a pris de l'ampleur et s'est mué en une contestation de l'état des services publics, de l'inflation, de la criminalité en hausse et d'autres problèmes sociaux.

La Coupe des confédérations, organisée dans une partie des stades qui accueilleront l'an prochain la Coupe du monde, a servi de catalyseur : pour de nombreux Brésiliens en effet, consacrer 14 milliards de dollars à l'organisation de la Coupe du monde alors que les investissements font cruellement défaut dans les écoles, les hôpitaux, les routes et la sécurité ne passe pas.

D'autant qu'après une décennie de forte croissance, l'économie brésilienne ralentit : le PIB, qui progressait encore de 7,5 % en 2010, n'a crû que de 0,9 % l'an dernier. L'inflation frôle, elle, les 6,5 %.

Le pays n'avait plus connu pareilles mobilisations de rue depuis les manifestations contre le président Fernando Collor de Mello, accusé de corruption et destitué en 1992.

La présidente Dilma Rousseff, qui avait été huée lors du match d'ouverture de la Coupe des confédérations, n'a pas assisté à la large victoire de la Selecao face à l'Espagne, championne du monde et double championne d'Europe en titre.

Sa cote de popularité a plongé depuis le début de la contestation. D'après un sondage Datafolha publié samedi, elle a perdu 27 points de pourcentage en trois semaines, passant de 57 % de satisfaits à 30 %.

Reuters

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