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Espionnage: l'Union européenne demande des explications à Washington

30/06/2013 04:34 EDT | Actualisé 30/08/2013 05:12 EDT

BERLIN - De hauts responsables européens ont manifesté leur inquiétude, dimanche, à propos des informations voulant que des agents de renseignement américains aient truffé de micros des bureaux de l'Union européenne (UE) des deux côtés de l'Atlantique, certains législateurs de gauche allant même jusqu'à réclamer des sanctions concrètes contre Washington.

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, s'est dit «grandement inquiet et choqué face aux allégations selon lesquelles les autorités américaines espionneraient les bureaux de l'UE», mentionnées dimanche dans l'hebdomadaire allemand «Der Spiegel».

Selon le magazine, la surveillance était effectuée par la National Security Agency (NSA), qui a récemment fait l'objet de fuites alléguant qu'elle avait espionné de vastes parts du trafic Internet à l'étranger. Le gouvernement américain a défendu ses efforts visant à intercepter des communications électroniques, en affirmant que cela avait permis d'éviter des attentats terroristes aux États-Unis et à l'étranger.

Selon M. Schulz, si les allégations sont confirmées, cela aurait un «grave impact» sur les relations américano-européennes.

Les leaders des Verts au Parlement européen, Rebecca Harms et Daniel Cohn-Bendit, ont réclamé une enquête immédiate sur les allégations, et laissé entendre que les négociations sur un traité de libre-échange avec les États-Unis, entamées récemment, devraient être suspendues.

Ils ont également exigé que les ententes actuelles sur l'échange d'informations au sujet des transferts bancaires et des passagers soient annulées. Les deux programmes ont été qualifiés d'empiétements sur la vie privée des citoyens par des législateurs de gauche et libertariens en Europe.

Dimanche, un haut responsable allemand a accusé Washington d'utiliser des méthodes dignes de la guerre froide contre ses alliés en ciblant les bureaux de l'UE dans la capitale américaine, à New York et à Bruxelles.

La ministre allemande de la Justice, Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, a réclamé une réponse «immédiate et détaillée» du gouvernement américain à propos de cette affaire.

«Der Spiegel» n'a pas publié les documents de la NSA sur lesquels il s'appuie et n'a pas dit comment il les avait obtenus. Mais l'un des auteurs du texte est Laura Poitras, une documentariste qui a interviewé l'ex-consultant de la NSA Edward Snowden alors qu'il se trouvait à Hong Kong.

Les porte-parole de la NSA et du bureau du directeur des services de renseignement nationaux à Washington n'ont pas répondu aux demandes de commentaires de l'Associated Press dimanche.

Selon «Der Spiegel», la NSA a installé des micros dans les bureaux diplomatiques de l'UE à Washington et a infiltré le réseau informatique du bâtiment. Des tactiques similaires auraient été utilisées dans la mission européenne aux Nations unies, à New York.

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