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Un top 3, mais aussi un top 6

29/06/2013 10:07 EDT | Actualisé 29/08/2013 05:12 EDT

WEEHAWKEN, NJ - Si certains voient Nathan MacKinnon, Seth Jones et Jonathan Drouin comme un trio de tête immuable en vue du repêchage, d'autres voient plutôt un groupe d'une demi-douzaine de joueurs relativement coulé dans le béton.

Le directeur de la Centrale de recrutement de la Ligue nationale, Dan Marr, est dans cette deuxième catégorie. « Un premier groupe de six joueurs, suivi d'une douzaine de joueurs où il y aura quelques variations. Et ensuite, ça ira dans toutes les directions. Un joueur classé 35e peut sortir 25e. Un 30e peut sortir 11e. C'est impossible à prédire », a-t-il expliqué vendredi, lors de la journée d'entrevue avec les espoirs.

Alexander Barkov fait assurément partie de cet hexagone d'as, à titre d'espoir numéro 1 parmi les patineurs européens. Certains le placent dans la même catégorie que MacKinnon et Drouin, mais on le retrouve plus souvent à l'extérieur du top 3. Est-il vexé d'être si souvent exclu de ce trio?

« Nous sommes des joueurs différents, soutient l'attaquant finlandais d'origine russe. Par exemple, MacKinnon est plus rapide que moi. Drouin a plus d'habiletés. Mais chacun a ses forces. Je suis un gros attaquant. »

L'autre avantage que détient Barkov, un colosse de 1,88 m et 93 kg (6 pi 2 et 205 lb), sur ses rivaux est qu'il jouit déjà de l'expérience des rangs professionnels, lui qui a joué à Tampere, en première division finlandaise, ces deux dernières saisons. Malgré ses 17 ans, il a amassé 48 points en 53 matchs en 2012-2013.

« Oui, ça va aider, j'ai joué deux ans en Finlande contre de très bons joueurs dans une des meilleures ligues d'Europe, c'est très bon », explique-t-il, dans un anglais inégal.

« C'est un centre fort dans les deux sens du jeu, ajoute Marr. Son sens du hockey est phénoménal, car il est patient, il lit bien le jeu, il est précis dans ses passes. Et il a une bonne finition. Et il n'est pas égoïste du tout, il aime passer la rondelle. Ses habitudes de travail sont irréprochables, il vient travailler tous les soirs. C'est un joueur que tout le monde veut, car il a les habiletés et il n'est pas dur à gérer. »

Le cas Monahan

On peut ajouter deux autres patineurs à cette bande des six, les deux de la Ligue de l'Ontario (OHL) : le défenseur Darnell Nurse et l'attaquant Sean Monahan.

Nurse, le neveu de l'ancien quart Donovan McNabb, a d'ailleurs devancé Monahan comme meilleur espoir de l'OHL au dernier classement. Mais l'impression générale est que Monahan a été désavantagé en jouant pour une équipe faible, les 67 d'Ottawa, en dernière position du circuit ontarien.

Monahan croit néanmoins qu'il appartient à la catégorie des Drouin et MacKinnon.

« Je crois que je suis avec eux, affirme le centre de 1,88 m et 85 kg (6 pi 2 et187 lb). J'ai joué avec une équipe plus faible cette année, dans un rôle différent, et je n'ai pas participé aux séries. Avec une meilleure équipe, ç'aurait peut-être été différent. »

« Le fait que les 67 soient en reconstruction ne lui a pas facilité la route. Mais les dépisteurs le savent et ç'a peut-être joué à son avantage, car il était moins bien entouré », ajouté Marr.

Monahan a été une rare lueur à Ottawa la saison dernière, avec une fiche de 78 points en 58 matchs. Et son expérience dans une équipe de dernière place l'a aidé, croit-il, à améliorer ses qualités de meneur, un aspect important à maîtriser s'il souhaite dupliquer la carrière de Jonathan Toews, un joueur qu'il admire.

« Ça devenait frustrant d'entendre du mal sur notre équipe, donc j'essayais d'être un meneur, explique-t-il. Je m'assurais que tout le monde comprenne que c'était 0-0 quand le match commençait. »

La tenue des 67 a empêché Monahan de se faire valoir en séries, tandis qu'une suspension de 10 matchs reçue en novembre pour coup de coude à la tête a fauché son élan du début de saison. C'est sans surprise qu'après sa sentence, il a été retranché du camp d'Équipe Canada pour le Championnat du monde junior. Ses absences en séries et au mondial l'ont possiblement privé d'occasions pour se faire un nom.

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