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Pauline Marois est prête à présenter une loi spéciale sur la construction

29/06/2013 09:57 EDT | Actualisé 29/08/2013 05:12 EDT

QUÉBEC - La première ministre Pauline Marois a demandé samedi la convocation des députés pour la présentation d'une loi spéciale qui mettrait fin au conflit dans la construction.

Mme Marois a écrit au président de l'Assemblée nationale pour que la Chambre siège dimanche matin.

Si elle est adoptée, la loi spéciale forcerait le retour au travail des 77 000 travailleurs du secteur industriel, commercial et institutionnel en grève depuis le 17 juin.

La première ministre a confirmé la nouvelle alors qu'elle terminait un voyage officiel au Mexique. «Je leur avais donné jusqu'à la fin de semaine pour arriver à une entente, nous constatons actuellement une impasse, j'ai donc demandé au président de l'Assemblée nationale de convoquer pour demain (dimanche) matin, 9 h 45, l'ensemble des membres de l'Assemblée nationale pour que nous procédions à l'adoption d'une loi spéciale.»

En point de presse à Québec, la ministre du Travail Agnès Maltais a indiqué qu'elle visait un retour au travail dès mardi prochain dans le secteur industriel, commercial et institutionnel.

La ministre Maltais a affirmé avoir rencontré les dirigeants des parties patronale et syndicale pour leur parler de la loi spéciale. «Je leur ai présenté les balises qui ont guidé et guident le gouvernement dans ses travaux de préparation de la loi spéciale. Tous deux se sont monté satisfaits, voire soulagés, de ce que je leur ai expliqué.»

Tout comme Pauline Marois, elle a par ailleurs mentionné qu'avant l'adoption de cette loi spéciale, les partis pouvaient quand même conclure une entente négociée. «Il reste encore plusieurs heures avant le dépôt de la loi spéciale. Je rappelle l'appel de la première ministre qui dit qu'une entente convenue entre les partis est toujours préférable à une entente imposée, alors je leur lance ce message: le médiateur est toujours en fonction.»

D'ailleurs, une rencontre a lieu samedi après-midi avec le médiateur. Les négociations achoppent principalement sur la question des salaires et des horaires de travail.

Maintes fois questionnée sur le délai avant d'en arriver à une loi spéciale, la ministre Maltais a rappelé que des ententes avaient été conclues dans les autres secteurs et a maintenu qu'il fallait laisser les parties négocier avant d'en arriver à ce scénario.

Pour sa part, le porte-parole de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans ce dossier, Christian Dubé, estime que ce projet de loi, bien qu'il doive permettre un retour au travail dès mardi, arrive deux semaines trop tard.

«Ça fait deux semaines que les grands chantiers sont en interruption. Les coûts, les pénalités pour le gouvernement, je ne reviendrai pas là-dedans, mais tout ça aurait pu être évité, alors la première grande mauvaise nouvelle, c'est ça. La bonne nouvelle, c'est qu'on peut trouver une solution à ça dans les prochains jours, mais j'ai hâte de voir... on va y mettre tout notre coeur.»

Le député de Lévis dénonce également que la ministre Maltais ait refusé de lui envoyer les grandes lignes de la loi spéciale.

«Je lui ai demandé de nous communiquer ses grandes lignes-là, ce qu'elle n'a pas voulu faire. Je trouve ça très malheureux, donc j'ai encore un doute qu'on va être capable d'avoir un projet de loi qui va faire consensus.»

Le porte-parole du Parti libéral, Guy Ouellette, déplore ne pas avoir reçu les grandes lignes de cette loi spéciale et dit que son parti n'entend pas l'accepter «à n'importe quel prix».

«On veut que tous les employés retournent travailler, mais on veut que la loi ou les dispositions de la loi tiennent compte de la capacité de payer des citoyens du Québec et on ne veut surtout pas qu'il y ait un recul sur tout ce qui a été fait dans la construction dans les dernières années.»

Les deux autres secteurs de l'industrie ont conclu une entente de principe en début de semaine. Dans le cas du génie civil et de la voirie, l'accord est survenu lundi et le retour au travail s'est amorcé mardi. Du côté résidentiel, patronat et syndicat se sont entendus mardi et les travailleurs devaient revenir sur les chantiers mercredi.

La grève dans l'industrie de la construction a commencé le 17 juin dernier, touchant tous les secteurs d'activité. Les négociations concernent le renouvellement de la convention collective pour 2013-2017.

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