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Afrique du Sud: Barack Obama ne se rendra pas au chevet de Nelson Mandela

29/06/2013 09:22 EDT | Actualisé 29/08/2013 05:12 EDT
AP

Le président américain Barack Obama, en visite en Afrique du Sud, a renoncé samedi à se rendre au chevet de son "héros", Nelson Mandela, toujours dans un état critique, mais l'a qualifié de "source d'inspiration pour le monde" et rencontrera sa famille.

Son "courage moral a été une source d'inspiration personnelle (...) et une source d'inspiration pour le monde", a déclaré le dirigeant américain lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue sud-africain Jacob Zuma à Pretoria.

"Le triomphe de Nelson Mandela et de cette nation parle à quelque chose de très profond dans l'esprit humain", a ajouté M. Obama qui ne se rendra pas au chevet de l'icône mondiale, hospitalisé depuis trois semaines à près de 95 ans pour une grave infection pulmonaire.

L'Afrique du Sud s'était préparée au pire jeudi, après l'annulation d'un voyage de Jacob Zuma au Mozambique à l'issue d'une visite à l'hôpital. Mais la santé de Nelson Mandela s'est légèrement améliorée depuis.

Le président Zuma a donné des nouvelles fraîches samedi.

"Il reste (dans un état) critique mais stable, donc rien n'a changé. Mais nous espérons que ça va s'améliorer. Ce sont d'excellents docteurs qui s'occupent de lui. Nous espérons qu'il sortira très bientôt de l'hôpital", a-t-il indiqué.

Même s'il reste dans un état critique, Nelson Mandela est capable d'ouvrir les yeux et réagit au toucher, selon l'une de ses filles.

"Par égard pour la paix et le confort de Nelson Mandela et pour les souhaits de sa famille", Barack Obama ne se rendra pas au Medical Heart Hospital, où le premier président noir d'Afrique du Sud a été admis le 8 juin, a déclaré un responsable américain.

Le président Obama et son épouse Michelle devaient toutefois "rencontrer en privé des membres de la famille Mandela pour leur présenter leurs voeux et leurs prières en ce moment difficile", a ajouté ce responsable.

Barack Obama n'a rencontré qu'une fois le héros de la lutte anti-apartheid, en 2005, alors qu'il était jeune sénateur. Ils ne se sont pas revus depuis son élection mais se sont parlé à plusieurs reprises au téléphone.

Une nouvelle rencontre entre les deux lauréats d'un Nobel de la paix aurait marqué les esprits.

"Ils partagent les mêmes choses: Mandela a été le premier président noir d'Afrique du Sud et Obama le premier président noir des Etats-Unis", a déclaré Tokozile Sibalo, une Sud-africaine de 50 ans, venue avec ses filles à Pretoria devant l'hôpital où est soigné Nelson Mandela.

"Ca pourrait soutenir Mandela de savoir ce qu'Obama pense de l'Afrique", a-t-elle ajouté.

Autour d'elle, les témoignages d'affection envers le père de la nation sud-africaine continuaient d'affluer. En chantant, une douzaine de personnes ont ainsi brandi des pancartes barrées de la mention "Nos coeurs sont avec toi" et "Que Dieu te bénisse Tata" (père).

"Tirer les leçons de la vie de Mandela"

L'état de santé de l'icône mondiale de la réconciliation a jeté une ombre sur la première grande tournée africaine de Barack Obama, dont le père était kényan, mais qui ne s'est rendu qu'une seule fois en Afrique noire depuis son élection, lors d'une halte au Ghana.

Alors que la Chine et les autres puissances émergentes s'intéressent de plus en plus aux ressources naturelles de l'Afrique, le chef de l'Etat a souligné vendredi que les Etats-Unis ne devaient pas rester à l'écart.

Accompagné d'une importante délégation d'hommes d'affaires, il doit passer une semaine en Afrique pour une tournée qui, après le Sénégal et l'Afrique du Sud, doit le mener en Tanzanie.

Les sujets économiques sont à l'ordre du jour de ses discussions avec Jacob Zuma, a indiqué la présidence sud-africaine en soulignant que 600 entreprises américaines sont implantées en Afrique du Sud où elles emploient environ 150.000 personnes.

Leur entretien a été suivi d'une allocution solennelle depuis l'Union Buildings, siège du gouvernement sud-africain qui surplombe la capitale administrative Pretoria.

Barack Obama devait se rendre ensuite dans la célèbre township de Soweto pour s'adresser aux étudiants, dans ce haut-lieu de la résistance à l'apartheid.

Dimanche le conduira au Cap (sud-ouest) avec une visite sur l'île-bagne de Robben Island, où Nelson Mandela a passé dix-huit de ses vingt-sept années de détention.

Barack Obama sera ensuite guidé par l'ancien archevêque anglican du Cap Desmond Tutu dans le centre que celui-ci a fondé pour soutenir les jeunes séropositifs. Il prononcera ensuite le principal discours de sa tournée africaine depuis l'Université du Cap.

Partout, il devrait faire référence à celui qu'il a décrit comme "un héros personnel" et "un héros pour le monde".

"Mon message (...) tirera les leçons de la vie de Mandela", a-t-il souligné vendredi. Si les pays africains travaillent de concert, en mettant de côté leurs divisions "par tribus, races ou religions, l'essor de l'Afrique continuera", a-t-il dit. "C'est une des leçons centrales de l'action de Nelson Mandela."

La visite d'Obama a cependant suscité quelques grincements de dents en Afrique du Sud, notamment au sein de la communauté musulmane et dans les rangs syndicaux. Une poignée de militants commençaient à se rassembler samedi matin à Soweto pour dénoncer leur opposition à la politique étrangère américaine.

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