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Festival de jazz 2013 : Chucho le virtuose (VIDÉO/PHOTOS)

29/06/2013 11:07 EDT | Actualisé 29/08/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Fils du regretté pianiste et compositeur cubain Bebo Valdés, Chucho, 71 ans, est devenu à son tour une véritable légende vivante dans son pays et ailleurs dans le monde. Présenté comme l'un des plus grands musiciens par les organisateurs du Festival de jazz puis qualifié de « pianiste le plus complet du monde » par Jazz Magazine, Chucho était de passage au Festival de jazz de Montréal, vendredi, pour présenter son nouvel album Border Free.

Accompagné des Afro-Cuban Messengers (musiciens fort efficaces que sont Yaroldy Abreu aux congas, Dreiser Durruthy aux bâtas et autres jouets, Gaston Joya à la contrebasse et Rodney Barreto à la batterie), l'Espagnol d'adoption [depuis quelques années] a tout fait ou presque: musique africaine, cubaine, jazz, classique, etc. Il a visité bien des mondes musicaux provenant de plusieurs horizons avec ses quelque 80 albums. Un véritable ambassadeur du métissage. Rien de très étonnant quand on apprend qu'il travail ces temps-ci le flamenco et la musique nord-africaine. Voilà pourquoi son dernier disque est en partie inspiré de la culture arabo-andalouse.

Valdés est d'ailleurs venu assez souvent au Québec partager cette passion de l'universel.

Pour ce concert tenu au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, il a encore une fois démontré sa grande curiosité et sa polyvalence proposant une nouvelle section rythmique et des sonorités transformées, disons plus soul. Certes, il a joué quelques incontournables, mais la mission semblait claire: offrir du matériel frais pour satisfaire un public qui le suit depuis des années.

Le souffle

En ouverture de spectacle, Valdés est d'abord venu saluer (un léger penché vers l'avant) son public que l'on sentait enthousiaste. Juste après résonnera une musique très rythmique, à la limite du cacophonique. Les quatre musiciens malheureusement étouffent quelque peu le travail hallucinant du pianiste. Que de qualités intrinsèques pour ce grand gaillard à l'attitude débonnaire et aux doigts de magiciens.

Qu'à cela ne tienne, Valdés continue son hallucinant travail devant son piano noir. Déjà, on sent l'ampleur de son prodigieux talent, surtout lorsque s'arrêtent ses comparses durant deux minutes, le temps d'un solo à la Chucho. Puis la pièce se poursuit avec autant de dynamisme. Elle filtre soudain davantage les racines cubaines. Arrive ensuite un solo aux congas. Silence dans la salle devant cette démonstration de talent généralisé.

D'un trait, les cinq hommes envoient par la suite un morceau plus posé. Quoique des lignes mélodiques à la contrebasse, charges acrobatiques devrions-nous dire, viendront rappeler que Chucho Valdés & Afro-Cuban Messengers portent une sorte d'énergie entrainante, malgré la douceur. Pour preuve, les frappes sympathiques et complètement folles à la batterie. Génial solo abracadabrant sur des teintes de soul dans cette seconde proposition.

Ensuite, Dreiser Durruthy est debout pour chanter certains mots provenant de l'Afrique. Du Niger peut-être. On sent aussi des touches de salsa dans les arrangements. C'est très moderne et éclaté. Comme racontait un journaliste parisien il n'y a pas si longtemps, Chucho Valdés a mis méthodiquement au point une espèce de jazz cubain-africain-yoruba-comanche-bata-arabe-flamenco-fandango. Il le prouve une fois de plus dans cette interprétation...

Et dans tout le reste du concert d'ailleurs, puisque Chucho Valdés a réaffirmé au Festival de jazz qu'il est un des plus grands virtuoses du jazz au piano.

Pour plus de vidéos, visitez le www.sortiesjazznights.com

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