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Un tribunal saisi pour départager des membres de la famille Mandela

28/06/2013 11:45 EDT | Actualisé 28/08/2013 05:12 EDT
AP

Un tribunal sud-africain a examiné vendredi en urgence une plainte déposée par des membres de la famille de Nelson Mandela contre un de ses petit-fils qui avait déplacé en 2011 les tombes de trois enfants de l'ex-président, a indiqué à l'AFP un des avocats.

"Seize membres de la famille, dont Makaziwe et Zindzi, m'ont donné pour instruction d'introduire une action contre Mandla", a expliqué Me Wesley Heyes à l'extérieur du tribunal de Mthatha (sud-est), où s'est tenue l'audience à huis clos.

Makaziwe et Zindzi sont deux des trois filles de Nelson Mandela. Quant à Mandla, 38 ans, il est l'aîné de ses petits-fils et a le statut de chef traditionnel à Mvezo mais aussi de chef de la famille depuis que son grand-père lui a légué cette fonction.

Selon les médias locaux, le juge a tranché et donné tort à Mandla. Ce dernier, par la voix de son porte-parole Freddy Pilusa, a indiqué à l'AFP que "les documents judiciaires ne lui ont pas été communiqués" et que "pour cette raison, il ne pouvait faire aucun commentaire".

Ni le juge ni les huissiers n'ont souhaité communiquer avec la journaliste de l'AFP sur place. Un silence qui témoigne du caractère hors norme de cette plainte en référé. En Afrique du Sud, les documents de justice ont vocation à être rendus publics.

En 2011, Mandla avait déplacé les corps de son père, de sa tante et de son oncle du cimetière de Qunu, le village d'enfance de Nelson Mandela, vers Mvezo, le hameau de sa naissance situé à une trentaine de kilomètres, sans demander l'accord du reste de la famille.

Selon les médias locaux, les plaignants veulent que la justice le force à rapatrier ces corps à Qunu, où Nelson Mandela souhaite être enterré, même si l'avocat de la famille n'a rien voulu confirmer arguant du caractère "très sensible" du sujet".

La plainte ne vise pas seulement Mandla, mais aussi les services régionaux de santé et le chef de la province du Cap oriental, a-t-il toutefois précisé.

Un huissier a délivré l'assignation en justice au domicile de Mandla mais s'est heurté à des portes closes. "L'huissier a klaxonné et et téléphoné à Mandla qui n'a pas répondu", a précisé un autre avocat, Me David Smith. Il a finalement épinglé les documents sur la clôture.

Les tombes au centre de la querelle sont celles de trois des quatre enfants que Nelson Mandela a eu avec sa première épouse, Evelyn: Makaziwe morte en 1948 à l'âge de neuf mois, Thembekile, tué en 1969 à 24 ans dans un accident de la route (emprisonné Mandela n'avait pas pu assister aux obsèques) et de Magkatho - le père de Mandla - mort du sida en 2005 à 55 ans.

La presse locale a rapporté que Mandla avait claqué la porte d'une réunion de famille cette semaine.

Lors d'un reportage réalisé en 2003, Nelson Mandela, filmé dans le cimetière de Qunu, exprimait le désir d'y être inhumé. "Ma famille est ici et je voudrais être enterré ici, chez moi", disait-il.

Dans ses mémoires, Nelson Mandela parle assez peu de Mvezo mais évoque avec émotion ses souvenirs d'enfance à Qunu où il s'était réinstallé pour vivre depuis son retrait de la vie publique.

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