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Marina Hands espère de belles choses au Québec pour le film de Claude Miller

28/06/2013 12:29 EDT | Actualisé 28/08/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - L'actrice française Marina Hands espère que le film «Voyez comme ils dansent» — l'avant-dernier du regretté cinéaste français Claude Miller — aura un nouveau souffle avec sa sortie au Québec.

Tourné essentiellement au Québec, avec bon nombre d'acteurs québécois, tels que Yves Jacques et Aubert Pallascio, le film de Claude Miller arrive dans la province, ce vendredi, environ deux ans après sa sortie dans l'Hexagone.

Il s'agit du seul film du célèbre réalisateur tourné au Canada, qui l'a coécrit avec Natalie Carter d'après la nouvelle «La petite fille de Menno» de Roy Parvin.

Un conflit avec un producteur en France a compliqué l'aventure de «Voyez comme ils dansent», qui arrive dans la province après le long métrage «testament» de Claude Miller, «Thérèse Desqueyrous».

Marina Hands a dit regretter une sortie «bâclée» en France, soutenant que des débats passionnants avaient surgi quand elle avait eu la chance d'entrer en contact avec le public lors de projections.

Ayant pour sa part été attirée par le récit «initiatique» au coeur du scénario, elle a soutenu que les gens se projetaient beaucoup dans les situations, trouvant par moments insupportables Lise, Alex ou Vic pour ensuite se rallier à ces personnages.

«J'aimais beaucoup l'idée de ce chemin initiatique d'un personnage gâté, pris dans une vie un peu snob d'artiste, qui décide de partir avec audace à l'autre bout du monde. (...) C'est très fréquent quand les gens ont vécu un deuil, ou une rupture très douloureuse, qu'ils décident de réfléchir sur leur vie autrement», a fait valoir Marina Hands en entrevue téléphonique.

Marina Hands incarne Lise, une vidéaste française qui vient au Québec et traverse le Canada à bord d'un train d'Est en Ouest sous la neige. Elle y rencontrera la compagne de son ex-mari (Maya Sansa), homme de scène internationalement connu (James Thiérrée), aujourd'hui disparu.

Marina Hands est loin d'être étrangère au Québec, elle qui fut à l'affiche des «Invasions barbares», et que l'on a pu voir dans «Lady Chatterley» et «Le Scaphandre et le Papillon». «J'ai tourné plein de fois au Québec. J'ai tourné souvent avec Marie-Josée Croze. Je connais beaucoup de gens ici. Quand je suis trop longtemps sans venir, ça me manque», a dit l'actrice.

Concernant Claude Miller, elle a relaté que le grand cinéaste ignorait être atteint du cancer lors du tournage, bien qu'il ait eu une «alerte» sur un «souci de santé». Au moment de la post-production, il amorçait des traitements pour son cancer.

«Il avait diagnostiqué un problème, mais il n'était pas malade du tout durant le tournage. Un scan de ses poumons avait signalé un souci de santé, mais il n'était absolument pas conscient que c'était un cancer», a-t-elle expliqué.

L'actrice a dit croire que Claude Miller était l'un des derniers cinéastes en France à se battre pour que continue d'exister un «cinéma exigeant, mais qui s'adresse à tous». Elle a soutenu que la France produisait essentiellement des films d'auteur «très marginaux» ou du cinéma très grand public, ajoutant sa voix à ceux qui déplorent un important problème de financement dans l'Hexagone.

«C'était de plus en plus difficile pour (Claude Miller) dans un monde qui ne laisse plus de place à un cinéma d'auteur pour le grand public, un cinéma du milieu comme on dit en France. (...) Son grand combat était de faire des films qui ne sont pas des clichés, qui posent des questions. Il était très attaché à la question de la morale, à la complexité des gens, sans tomber dans le snobisme ou vraiment dans la revendication», a-t-elle évoqué.

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