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Lance Armstrong estime qu'il n'aurait pu gagner le Tour de France sans se doper

28/06/2013 12:33 EDT | Actualisé 28/08/2013 05:12 EDT

Le passé maudit du Tour de France est revenu hanter la 100e présentation de la course par excellence du cyclisme professionnel, vendredi, alors que Lance Armstrong a déclaré à un journal qu'il n'aurait pu l'emporter sans se doper.

Les commentaires d'Armstrong au journal Le Monde ont surpris bien des gens à plusieurs égards, notamment en raison de sa guerre personnelle de longue date avec le respecté quotidien français, qui a été le premier à annoncer en 1999 que des corticostéroïdes avaient été décelés dans l'urine de l'Américain au moment où il se dirigeait vers la première de ses sept victoires au Tour de France. Armstrong avait alors répondu qu'il était persécuté par «du journalisme de vautours, du journalisme de désespoir».

Armstrong a déclaré au Monde qu'il se considère encore comme le détenteur du record pour le nombre de victoires au Tour, même si ses sept titres lui ont été enlevés l'an dernier pour dopage.

Il a aussi dit que sa vie a été ruinée par l'enquête de l'Agence antidopage des États-Unis (USADA) qui a révélé ses années de mensonges, et il a laissé entendre que les dirigeants du cyclisme pourraient se faire prendre en défaut par d'autres squelettes qui traînent toujours dans le placard de ce sport.

Ce qui n'a pas surpris dans les propos d'Armstrong, c'est lorsqu'il a clamé qu'il aurait été «impossible» de remporter le Tour sans se doper à l'époque où il courait.

Il faisait clairement allusion à sa propre époque, plutôt que celle du Tour d'aujourd'hui. Le Monde a précisé qu'Armstrong répondait à la question: «Quand vous couriez, était-il possible de faire des performances sans se doper?»

«Cela dépend des courses que vous vouliez gagner. Le Tour de France? Non. Impossible à gagner sans se doper. Parce que le Tour est un test d'endurance où l'oxygène est un facteur décisif», a déclaré Armstrong au Monde.

Il a ensuite précisé sur Twitter qu'il parlait de la période qui s'étendait de 1999 à 2005. Il a indiqué qu'il est possible que les cyclistes puissent exceller sans se doper maintenant.

«Aujourd'hui? Je n'en ai aucune idée. J'espère que c'est possible», a écrit Armstrong.

Mal interprétés a priori, les propos de l'ancien coureur ont initialement causé un certain émoi au sein des équipes qui participent au Tour de cette année. Celui-ci commence samedi. Avant la clarification, le président de l'UCI Pat McQuaid a qualifié de «très triste» la décision d'Armstrong d'émettre ses commentaires à ce moment-ci.

«Je peux lui dire catégoriquement qu'il a tort. Ses commentaires ne font rien pour aider le cyclisme, a déclaré McQuaid dans un communiqué. La culture du cyclisme a changé depuis l'époque d'Armstrong et c'est maintenant possible de courir et de gagner en étant propre.

«Les coureurs et les propriétaires d'équipe ont été francs en me disant qu'il est possible de gagner en étant propre — et je suis d'accord avec eux.»

Armstrong a par ailleurs dit au Monde qu'il serait prêt à aider le cyclisme à nettoyer son sport.

«L'histoire n'a pas encore été racontée au complet, a-t-il affirmé. (L'enquête de la USADA) n'a pas peint un portrait juste du cyclisme de la fin des années 1980 à aujourd'hui. Elle a parfaitement réussi à détruire la vie d'un homme, mais elle n'a pas profité au cyclisme du tout.»

L'Américain a avancé que le dopage ne sera jamais complètement vaincu.

«Je n'ai pas inventé le dopage, a dit Armstrong au Monde. Et ça ne s'est pas terminé avec moi.»

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