POLITIQUE

Grève de la construction : le Conseil du patronat veut une loi spéciale

28/06/2013 08:15 EDT | Actualisé 28/08/2013 05:12 EDT
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The interior of a building still under construction. Wood studs showing, no walls complete. Looking out through newly installed windows to a view.

Une nouvelle voix s'élève pour réclamer une loi spéciale dans le dernier secteur en grève de l'industrie de la construction, tandis que les négociations ont repris vendredi à Montréal. Le président du Conseil du patronat du Québec (CPQ), Yves-Thomas Dorval, invoque les coûts de la grève pour réclamer l'imposition d'une loi spéciale.

Alors que l'échéance fixée par la première ministre Pauline Marois tire à sa fin, les syndiqués du secteur institutionnel, industriel et commercial (ICI) entament une 12e journée de grève.

Mme Marois avait accordé, lundi dernier, un délai d'une semaine aux deux parties pour parvenir à une entente négociée. Ce délai prendra fin au cours du week-end au moment même où la première ministre reviendra de sa tournée économique au Mexique.

M. Dorval a écrit aux élus de l'Assemblée nationale pour leur rappeler que la valeur des investissements dans ce secteur de la construction s'élevait à 10 milliards de dollars en 2012 et que les pertes dues à la grève risquent d'être importantes.

« Bien qu'elles soient pour l'instant difficilement chiffrables, les pertes encourues jusqu'à ce jour s'avèrent sans doute considérables, d'autant plus que la majorité des chantiers sont particulièrement en activité pendant la saison estivale », explique la lettre du CPQ à l'intention des députés.

M. Dorval croit que la loi spéciale devrait protéger le pouvoir d'achat des travailleurs tout en tenant compte de la capacité de payer des donneurs d'ouvrage. Il estime toutefois que la société québécoise devra se pencher sur le fonctionnement de l'industrie de la construction, rejoignant ainsi la pensée du président de l'Institut canadien des économistes de la construction, Jean Paradis.

Les négociations continuent

Les négociations dans le secteur institutionnel, commercial et industriel de l'industrie québécoise de la construction ont repris vendredi matin. Une rencontre entre la partie patronale et le médiateur spécial nommé par le gouvernement du Québec a commencé vers 10 h. Elle devrait être suivie d'une rencontre entre les représentants syndicaux et le médiateur. Comme la veille, chacune des parties rencontre séparément le médiateur.

Les 77 000 travailleurs de ces secteurs, qui n'ont pas encore conclu d'entente avec l'Association de la construction du Québec (ACQ), amorcent leur 12e jour de grève.

Le dernier bastion

Les travailleurs de la construction du secteur résidentiel sont, quant à eux, retournés sur les chantiers mercredi matin, après la conclusion d'une entente de principe, mardi après-midi, dans ce secteur qui embauche plus de 57 000 salariés dans la province.

Avec les 41 000 travailleurs de la voirie et du génie civil rentrés au travail mardi dernier à la suite d'une entente conclue avec leur employeur, la moitié des travailleurs de la construction sont maintenant sortis du conflit de travail.

Les négociations achopperaient plus sur les conditions de travail - notamment le travail à temps simple le samedi - que sur la question salariale. C'est d'ailleurs la principale cause du conflit de travail, selon Jean Paradis. Ce dernier estime que ce qui a conduit au présent conflit dans le milieu de la construction réside dans la nature des négociations.

M. Paradis souligne que les conventions collectives se sont réglées essentiellement avec des augmentations salariales par les années passées. « Cette fois-ci, je pense que l'Association de la construction du Québec a tenté de toucher de gros acquis dans le domaine des conventions collectives, explique M. Paradis. Ils ont tenté de simplifier les conventions collectives et de donner plus de flexibilité aux entrepreneurs. C'est ce qui a probablement provoqué la réaction syndicale. »