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Festival de jazz 2013 : Pink Martini partage sa joie (VIDÉO/PHOTOS)

28/06/2013 01:37 EDT | Actualisé 28/06/2013 05:39 EDT

Eh oui, l’orchestre suave et cosmopolite Pink Martini est de retour au Festival international de jazz de Montréal cette année pour deux concerts à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts. La musique colorée du collectif qui allie swing, jazz, classique, pop, rétro et lounge n’a pas perdu de son lustre. Chouchous des Montréalais, la douzaine de membres de Pink Martini étaient dans la métropole pour une cinquième fois et ont livré un autre spectacle (complet) à la hauteur des attentes, jeudi soir. D’autant plus agréable que la formation de Portland a proposé des nouveaux morceaux de son prochain album, Get Happy, à sortir en septembre.

Lors du dernier passage de Pink Martini à la Salle Wilfrid-Pelletier en 2011, la chanteuse China Forbes avait dû annuler sa présence en raison de cordes vocales amochées (elle a d’ailleurs reçu une chirurgie depuis). Elle partage aujourd’hui le rôle de chanteuse principale avec Storm Large, sur disque tout comme en concert. Mené par le pianiste Thomas Lauderdale, le collectif s’est réinventé quelque peu en l’absence prolongée de Forbes. Sur la route, c’est donc Forbes ou sa collègue qui prend la responsabilité du chant selon la ville où se tiendra le spectacle. Cette fois-ci, c’est China Forbes qui était la diva de la Place des Arts. Aurait-on pu faire autrement ?

Toujours aussi élégante (robe rose, cheveux léchés de côté sur la tête, grand collier argent et scintillant) l’irrésistible China Forbes arrive sur scène après le premier morceau instrumental intitulé Malagueña (de l’album Discover The World) et ses influences latines. Sur la populaire Amado mio, elle bouge gracieusement en partageant sa délicieuse voix. Avec cette pièce qui parle d’amour passionnel, elle réchauffe l’audience qui se prête aisément au jeu du déhanchement.

Juste après, encore les rapports amoureux avec l’immortel boléro cubain Quizás, Quizás, Quizás (album Get Happy), écrit par Osvaldo Farrés en 1947 et adapté plus tard par Nat King Cole dans les années 1950. Interprétée en douceur, le groupe mettra notamment en valeur les violons langoureux ainsi que les cuivres (trompette et trombone).

« Je ne veux pas travailler »

Arrive ensuite le plus gros succès à ce jour de Pink Martini, Je ne veux pas travailler, morceau paru sur le premier album intitulé Sympathique. « C’est la première chanson écrite ensemble Thomas et moi », expliquera Forbes. « Elle reprend les mots d’un poème de Guillaume Apollinaire qui s’appelle Hôtel. À l’époque, nous pensions qu’elle était libre de droits d’auteur. On croyait que ce texte était du domaine public. Mais non. Et nous avons et poursuivis ! », ironise-t-elle avant d’envoyer les « Je ne veux pas travailler… Et puis je fume. »

Le groupe enchaînera avec la dynamique ¿Donde Estas Yolanda? (chantée par Timothy Nishimoto qui en fera quelques autres durant la soirée) et l’allemande Ich dich liebe (également du prochain album).

À U plavu zoru (dans l’aube bleue en français), l’introduction de la violoncelliste Pansy Chang est délicate et inquiétée, du moins jusqu’à ce que le rythme s’accélère et que la voix de Forbes devienne plus enjouée.

Dans l’une de ses nombreuses interventions parlées durant la soirée, Thomas Lauderdale invitera les spectateurs à venir danser sur scène, dans ce grand espace libre situé derrière la formation. Quelques instants après, des dizaines de personnes s’exécutaient sur la pièce instrumentale The Flying Squirrel, tout à fait à propos.

Dans ce spectacle qui inclut à la fois des nouvelles chansons (comme la turque Uskudar, la japonaise Zundoko et l’américaine She Was Too Good To Me) et des succès (Una notte a Napoli), l’exécution est toujours impeccable ou presque, la voix juste, la présentation irréprochable et l’atmosphère très agréable. C’est doux, parfois énergique et toujours livré avec goût. Avec Pink Martini même la tristesse est belle. On pense à cette jolie Ma solitude de Georges Moustaki, que China Forbes a offerte à la guitare acoustique en l’honneur de cet homme qu’elle appréciait beaucoup et qui est décédé le 23 mai.

Dans l’ensemble, un excellent concert. On prendrait peut-être juste un peu moins de maîtrise et un peu plus de folie. Tel ce petit laisser-aller sur Brazil, quand la chanteuse se fait festive et enjôleuse.

Pink Martini - 28 juin, 19h30 – Salle Wilfrid-Pelletier

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