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Bell-Astral: le CRTC accepte la transaction

27/06/2013 04:00 EDT | Actualisé 28/06/2013 09:40 EDT
SRC

GATINEAU _ Après un refus initial, la deuxième fois aura été la bonne: le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a autorisé l'acquisition par Bell des services de télévision et de radio d'Astral pour 3,4 milliards $.

Dans une décision rendue publique jeudi, le CRTC a toutefois imposé certaines conditions à la transaction.

Il exige ainsi que Bell vende plus d'une dizaine de services, dont les chaînes Historia, MusiquePlus, Séries +, The Family Channel et Teletoon. Le géant des télécommunications pourra toutefois conserver sa lucrative chaîne "The Movie Network".

Aussi, Bell devra investir près de 247 millions $ pour créer de nouvelles émissions de radio et de télé ou encore pour soutenir financièrement des programmes existants. Il s'agit de 72 millions $ de plus que ce que l'entreprise avait offert.

Le CRTC affirme qu'il met en place un certain nombre de balises en vue de protéger la concurrence. Il souligne que les conditions vont permettre d'assurer que l'acquisition profite au public et au système canadien de radiodiffusion.

L'organisme fédéral avait rejeté la première mouture de la transaction en octobre dernier, jugeant que la vente donnerait à Bell une trop grande part du marché télévisuel et qu'elle aurait créé une concentration de médias "sans précédent".

"Avec sa demande, Astral a offert une approche différente et répondu à plusieurs de nos préoccupations", a déclaré jeudi le président du CRTC, Jean-Pierre Blais.

"Cela dit, un risque important subsistait que Bell puisse exercer son pouvoir commercial afin de restreindre le choix et la concurrence. Pour nous assurer que l'intérêt public soit bien servi, nous posons comme exigences que Bell investisse dans de nouvelles émissions canadiennes et qu'elle vende plus d'une dizaine de services", a-t-il poursuivi.

Après le refus initial, Bell était retournée à sa planche à dessin et avait soumis une proposition dans laquelle elle suggérait de se départir de 11 chaînes télévisées spécialisées d'Astral et de 10 stations de radio. Tout cela, dans le but d'obtenir le feu vert du CRTC.

Le CTRC a effectivement suivi cette proposition et n'a pas imposé la vente d'actifs additionnels.

Bell se refusait notamment à vendre "The Movie Network", argumentant que cela l'empêcherait de faire concurrence aux services de vidéo sur demande comme Netflix. Rogers avait demandé au CRTC d'exiger que la nouvelle entreprise fusionnée se départisse de cette chaîne.

Mais Bell avait signifié son intention de tourner le dos à l'entente si le CRTC devait la forcer à vendre davantage de chaînes télévisées spécialisées d'Astral de langue française parce qu'elle désire apporter plus de concurrence au marché québécois.

Lors de la première proposition, le CRTC avait calculé que si Bell avait acheté Astral, l'entreprise aurait détenu 42,7 pour cent du marché de la télévision de langue anglaise et 33 pour cent du marché francophone. Pour cette deuxième version de la transaction proposée, il a été estimé que la part du marché télévisuel serait de 35,8 pour cent en anglais et de 22,6 pour cent en français.

D'autres grands joueurs dans le marché, Quebecor et Rogers Communications, avaient vertement dénoncé la transaction proposée.

L'acquisition d'Astral (TSX:ACM.B) par BCE (TSX:BCE) devrait être finalisée le 5 juillet, ont indiqué vendredi les deux entreprises, maintenant que les autorisations réglementaires nécessaires ont été obtenues.

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