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Obama en Afrique : éloges pour le Sénégal, soutien pour les homosexuels africains

27/06/2013 04:19 EDT | Actualisé 26/08/2013 05:12 EDT

Le président américain Barack Obama a visité jeudi l'île de Gorée, haut lieu de mémoire de la traite négrière à destination des Amériques.

« C'est un moment extrêmement fort [...] que de pouvoir venir ici pour comprendre dans sa globalité l'ampleur du commerce des esclaves, pour ressentir de façon très intime son incroyable inhumanité et les souffrances endurées par ses victimes », a déclaré Barack Obama. « Cela nous rappelle au devoir de rester vigilant lorsqu'il s'agit de la défense des droits de l'homme. »

Le père de Barack Obama était lui-même Africain, tout comme les ancêtres de sa femme Michelle, qui l'accompagne, ainsi que ses deux filles, lors de cette tournée.

Les anciens présidents Bill Clinton et Georges W. Bush s'étaient tous deux rendus sur l'île de Gorée lors de leurs visites respectives à Dakar.

Encourager la bonne gouvernance

Plus tôt dans la journée, lors d'un point de presse conjoint avec le président sénégalais, Macky Sall, Barack Obama s'est félicité des progrès accomplis par l'Afrique.

Il a soutenu que le Sénégal était « une des démocraties les plus stables d'Afrique et un des partenaires les plus solides » pour les États-Unis dans la région, ajoutant qu'il croyait qu'il pouvait être « un formidable exemple » pour le continent.

Lors de sa visite au siège de la Cour suprême, à Dakar, Barack Obama a fait l'éloge de l'indépendance de la justice sénégalaise, qui poursuit l'ancien président tchadien Hissène Habré, réfugié à Dakar et accusé de crimes contre l'humanité.

Barack Obama a annoncé qu'il avait demandé à l'administration américaine de conclure un nouvel accord sur le commerce et l'investissement avec les pays de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

Washington cherche aussi à proroger la loi sur les chances et la croissance en Afrique (AGOA) signée par Bill Clinton en 2000, qui expire dans deux ans et réduit les barrières douanières pour les pays appliquant les règles du libre marché.

Les droits des homosexuels

Interrogé par des journalistes américains, Barack Obama est revenu sur la décision de la Cour suprême sur les mariages entre conjoints de même sexe, soulignant qu'il ne s'agissait pas « simplement d'une victoire pour la communauté LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et trans), mais plutôt d'une victoire pour la démocratie américaine ».

Il en a profité pour inviter les États africains à cesser de discriminer les homosexuels. Il a précisé qu'il faut respecter les traditions des différents pays et des religions, mais « en ce qui concerne la façon dont l'État traite les gens, dont la loi traite les gens, je crois que chacun a le droit d'être traité avec égalité ».

Le président Sall a aussitôt réagi, déclarant que le Sénégal était très tolérant et ne discriminait aucunement les homosexuels. Par contre, il a soutenu qu'il n'était pas prêt à décriminaliser l'homosexualité.

Barack Obama et sa famille doivent se rendre vendredi matin à Pretoria, en Afrique du Sud, étape suivante du voyage présidentiel.

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