NOUVELLES

Hôpitaux, églises et écoles font les frais des conflits, prévient la Croix-Rouge

27/06/2013 07:41 EDT | Actualisé 27/08/2013 05:12 EDT

GENÈVE - Des civils dans les hôpitaux, les écoles, les églises et les mosquées sont de plus en plus mis à risque dans les conflits armés à travers le monde, notamment en Syrie, a soutenu jeudi le patron de la Croix-Rouge.

Le président du Comité international de la Croix-Rouge, Peter Maurer, a indiqué que son organisation s'inquiète fortement de voir les hôpitaux, les écoles et les centres religieux être de plus en plus utilisés à mauvais escient lors de conflits comme la guerre civile syrienne.

M. Maurer a expliqué aux journalistes, à Genève, que la militarisation d'hôpitaux et l'utilisation malveillante similaire d'écoles, d'églises et de mosquées comptent parmi les tendances les plus inquiétantes de la dernière année.

Il a ajouté que les combattants en Syrie, au Yémen, au Mali, en Somalie et ailleurs amènent des armes dans de tels endroits, ce qui les rend susceptibles d'être attaqués.

Le rapport annuel 2012 du CICR met aussi en relief l'écart grandissant entre les besoins gigantesques des réfugiés syriens et la capacité de la communauté internationale à les aider.

«Des hôpitaux, des écoles, des églises et des mosquées sont attaqués, et certains groupes et combattants utilisent (ces lieux) et d'autres centres religieux pour y amener des armes, ce qui les rend de nouveau sujets à des attaques militaires», a-t-il fait valoir, citant la Syrie, mais aussi des forces armées et des rebelles au Yémen, en Somalie et au Mali.

M. Maurer a affirmé que son organisation avait compilé des données sur «un nombre de cas relativement imposant».

Il a dit croire que cette tendance doit être attribuée au plus fort encouragement aux parties impliquées envers la victoire plutôt qu'envers l'atteinte d'un règlement politique.

En 2012, l'organisation a documenté 921 incidents violents impliquant des attaques ou menaces contre des travailleurs de la santé, des patients et des gens blessés, et des véhicules ou centres médicaux.

Environ 60 pour cent de ces cas ciblaient des médecins, des infirmières ou des paramédics, et la Croix-Rouge a découvert deux autres tendances inquiétantes: des «attaques de représailles» contre des fournisseurs de premiers secours et la perturbation violente de campagnes de vaccination.

Plus de neuf cas sur dix ont touché des fournisseurs de soins locaux.

L'escalade du conflit armé en Syrie a provoqué des «souffrances sans précédent», entraînant des besoins auxquels les organismes humanitaires ont souvent été incapables de répondre en raison des combats, a-t-on souligné. La région reste «clairement au centre» de l’action humanitaire en 2013, a indiqué la Croix-Rouge.

M. Maurer a noté que le rapport dévoilé jeudi montre un écart croissant et alarmant entre les besoins ahurissants des millions de personnes souffrant de la guerre civile en Syrie, et la capacité de la communauté internationale à les aider.

PLUS:pc