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SNC dit qu'un projet a servi de couverture au transfert de fonds à des agents

26/06/2013 02:16 EDT | Actualisé 26/08/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - SNC-Lavalin (TSX:SNC) affirme qu'un projet gazier aux Émirats arabes unis a servi de couverture au transfert à des agents inconnus d'une somme de 13,5 millions $, soit une partie des paiements suspects de 56 millions $ identifiés l'an dernier par l'entreprise dans une enquête interne.

Le montant a été faussement attribué au projet même si l'argent est allé ailleurs, a indiqué la société montréalaise. Une autre somme de 20 millions $ a été attribuée par erreur à un projet que SNC refuse d'identifier.

«Le paiement aux Émirats arabes unis n'a jamais eu lieu», a déclaré Leslie Quinton, porte-parole de SNC.

L'affaire du complexe gazier situé à Abou Dabi a fait surface cette semaine après qu'un journal français, L'Union de Reims, eut rapporté que les autorités françaises avaient entrepris une enquête sur le paiement.

Un procureur français a ouvert une enquête l'été dernier, après qu'un vérificateur externe eut constaté des «anomalies» dans les livres comptables de SNC-Lavalin Europe.

En novembre dernier, la police a effectué une descente au quartier général de SNC-Lavalin Europe, alors situé à Reims, dans le nord-est de la France. Elle croyait que le montant de 13,5 millions $ était une commission versée au projet d'Abou Dabi.

Mais l'argent ne s'est jamais rendu de ce côté, même si le code comptable du projet d'Abou Dabi laissait croire que cela avait été le cas, a affirmé Mme Quinton. SNC-Lavalin a par la suite remboursé la somme pour corriger l'erreur.

Personne au bureau européen de SNC n'était au courant du paiement, qui fut autorisé par l'ancien vice-président de la firme, Riadh Ben Aïssa, a ajouté Mme Quinton.

SNC-Lavalin a indiqué que son enquête interne lui avait permis d'établir que 56 millions $ avaient été distribués à ce qui a été présenté comme les projets A et B. La somme versée au projet A a totalisé 33,5 millions $. Le projet B, auquel des paiements de 22,5 millions $ ont été faits, a par la suite été identifié comme étant le Centre universitaire de santé McGill (CUSM), à Montréal, construit par l'entreprise.

L'enquête interne chez SNC s'est traduite par le départ de plusieurs hauts dirigeants et par une série d'événements qui ont terni la réputation de l'entreprise.

L'ex-président et chef de la direction de SNC, Pierre Duhaime, et Riadh Ben Aïssa ont été accusés de fraude relativement à des allégations selon lesquelles 22,5 millions $ ont été versés pour obtenir le contrat de construction du CUSM. Soupçonné de corruption, de fraude et de blanchiment d'argent, Riadh Ben Aïssa est incarcéré en Suisse depuis plus d'un an.

L'ancien directeur du CUSM, Arthur Porter, fait également face à plusieurs accusations relativement à l'octroi du contrat de construction de l'hôpital. Le chantier de 1,3 milliard $ est l'un des projets d'infrastructure les plus importants au pays.

Arthur Porter est toujours détenu au Panama. Il s'oppose à son extradition vers le Canada, plaidant que son arrestation est illégale en raison de l'immunité diplomatique qu'il prétend avoir obtenue du gouvernement du Sierre Leone, où il est né.

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