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Mariage gay: explosion de joie devant la Cour suprême américaine

26/06/2013 01:42 EDT | Actualisé 26/08/2013 05:12 EDT

Dès l'annonce de la Cour suprême en faveur du mariage gay, Olivier et Alex s'embrassent, ravis. Autour d'eux, des vivats, des cris de joie et des "thank you" à l'envi adressés, sous un soleil de plomb, en direction de la plus haute juridiction américaine.

"C'est extraordinaire!", dit Olivier Basdevant, un Français de 45 ans, après avoir embrassé son ami, Alex Kaplan, 33 ans, qui réside avec lui à Washington.

Le couple est marié depuis trois ans et, grâce à la décision de la Cour suprême qui vient d'abroger la loi fédérale définissant le mariage comme une union entre un homme et une femme (dite DOMA), "Alex va pouvoir me sponsoriser aux Etats-Unis pour avoir la carte verte", se réjouit-il. "On est en train d'adopter et on va pouvoir apporter à notre famille toute la stabilité nécessaire".

Ils étaient des centaines mercredi matin, devant les grandes marches chauffées à blanc par le soleil, brandissant des pancartes "Epousez qui vous voulez" ou des drapeaux gays multicolores, à attendre deux décisions finalement prises en faveur du mariage homosexuel.

Parmi eux, Jeffrey Bisch, la soixantaine, est venu de Virginie, un Etat voisin. Il porte une pancarte s'adressant aux neuf juges: "Laissez mon fils Dustin Lance se marier".

Avant que la nouvelle ne tombe, les manifestants, tous en faveur du mariage gay et jeunes dans leur énorme majorité, ont le nez sur leur smartphone, ou sur celui d'un des multiples journalistes en faction.

Puis le bruit se répand: la Cour suprême abroge la loi DOMA, et permet ainsi aux homosexuels légalement mariés d'obtenir les mêmes droits que les couples hétérosexuels.

"Merci, merci", lance Sarah Woolley, 24 ans, étudiante du Texas, au sud du pays.

Caroline Hunt, 26 ans, et Amanda Klinger, 29 ans, mariées, exultent en brandissant leur pancarte personnelle qui dit: "Notre mariage vient d'être 1.138 fois plus égal", en référence aux 1.138 aides publiques (retraites, impôts, santé, etc.) dont les époux homosexuels étaient exclus à cause de la loi.

Jill McCrory, qui porte son vêtement noir à col blanc de pasteur baptiste, a concélébré de nombreux mariages gays. "Mais maintenant, ces personnes mariées auront des droits", se félicite-t-elle. "Une relation d'amour, le désir de fonder une famille, c'est cela qui compte", et pas l'identité sexuelle, revendique-t-elle.

Pour Amanda Werner, 24 ans, bisexuelle et militante de la première heure en Californie (ouest), la fin de l'interdiction de s'y marier -- deuxième cas sur lequel se penchait la Cour -- "est un grand succès pour nous. Il était temps".

A des milliers de kilomètres de là, à San Francisco, où vit la plus importante communauté gay du pays, c'est le maire Ed Lee qui s'affirme "heureux de voir l'amour triompher sur l'ignorance". Les quelque 400 militants réunis devant la mairie de la ville californienne applaudissent, et s'embrassent.

Et dans la soirée, c'est à New York que la fête bat son plein. En plein coeur de Manhattan, dans un quartier de Greenwich Village berceau de la lutte pour les droits des homosexuels, quelque 1.700 personnes célèbrent les décisions de la Cour suprême.

Au milieu de la foule, une invitée de marque: Edith Windsor, 84 ans, une homosexuelle légalement mariée au Canada, qui avait dû payer des droits de succession importants à la mort de sa femme, en vertu de la loi DOMA qui lui interdisait de bénéficier du même régime fiscal que le dernier survivant d'un couple hétérosexuel. C'est son cas, porté jusque devant la Cour suprême, qui a finalement permis l'abrogation de la loi.

"Edith, Edith, Edith!", scandent les manifestants.

"A tous, merci, merci, merci", leur répond-elle.

ff-mar/mdm/rap

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