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Le Mexique a encore beaucoup de potentiel, selon le directeur général d'Export Québec

26/06/2013 07:00 EDT | Actualisé 26/08/2013 05:12 EDT

GUADALAJARA, Mexique - Les pays du BRIC ont attiré beaucoup l'attention, au cours des dernières années, mais le Mexique a encore un potentiel de développement important, a déclaré mercredi le directeur général d'Export Québec, Alain Proulx.

Lors d'une entrevue, M. Proulx a constaté la popularité du Brésil, de la Russie, de l'Inde et de la Chine (BRIC), où le Québec a d'ailleurs intensifié sa présence par l'intermédiaire de ses représentations.

«Ça faisait un bout de temps qu'on n'avait pas eu de mission importante sur le Mexique, a-t-il dit. Souvent ces dernières années on a parlé beaucoup des pays du Brésil, de la Chine, mais le Mexique est toujours là, le Mexique est toujours membre de l'ALÉNA. On a des gens qui sont actifs sur le Mexique et c'est une belle façon de le reconnaître et en même temps d'avoir un effet de groupe.»

La première ministre Pauline Marois a amorcé mercredi une mission économique à la tête d'une délégation de 56 entreprises québécoises intéressées à développer leurs activités au Mexique.

La dernière mission du genre avait attiré 94 entreprises, en 2004, lors d'une initiative dirigée par le premier ministre Jean Charest, conjointement avec la France.

Peu après avoir conclu l'élargissement d'une entente de coopération avec l'État de Jalisco, à Guadalajara, Mme Marois a insisté sur le fait que sauf une, la totalité des entreprises sont des PME.

«Nous avons voulu orienter la mission sur les PME, a-t-elle dit. Il y a une seule très grande entreprise. Les autres sont des entreprises intermédiaires, ce qui représente l’économie de Jalisco.»

Mme Marois a fait valoir des «questions de disponibilités».

Six associations du monde des affaires et neuf institutions de recherche et d'enseignement sont aussi du voyage, qui se poursuivra de jeudi à samedi à Mexico.

Le président du regroupement Manufacturiers et exportateurs du Québec, Simon Prévost, a constaté lui aussi l'engouement des dernières années pour les pays émergents, mais il note qu'alors que les exportations québécoises sont en baisse, au cours des dernières années, elles augmentent au Mexique.

Selon M. Prévost, les entreprises québécoises continuent d'être intéressées par le Mexique même si elles sont moins nombreuses qu'en 2004.

«C'est une question de conjoncture, c'est un moment, un timing, parfois les entreprises sont juste pas disponibles, a-t-il dit. Je ne pense pas qu'il y a moins d'intérêt pour le Mexique, au contraire, on voit plus de demande de la part de nos membres pour comprendre comment faire des affaires au Mexique.»

À bord de l'avion qui emmenait les participants à la première étape de Guadalajara, M. Proulx a affirmé que la méconnaissance du Mexique nourrit des mythes erronés et entretient des préjugés sur les façons de faire des affaires avec ce pays.

«Si on compare par exemple le Mexique et le Brésil, on parle beaucoup du Brésil mais ce pays n'est pas reconnu pour sa facilité de faire des affaires, alors que le Mexique, c'est beaucoup plus facile, a-t-il dit. Il y a une forme de méconnaissance.»

Concernant les problèmes pour faire transiter des marchandises aux douanes et aux risques de corruption, M. Proulx a expliqué qu'il est conseillé aux entreprises québécoises de s'assurer d'avoir un partenaire mexicain sur place pour éviter ces écueils.

«Une des recommandations qu'on fait c'est de trouver des partenaires qui peuvent travailler à faciliter le transit des marchandises, à trouver le moyen d'organiser les choses pour que cela se réalise plus facilement», a-t-il dit.

Groupe Ocean, qui exploite des remorqueurs portuaires à Québec et souhaite élargir ses activités, avec son navire de dragage des fonds marins, a justement trouvé un partenaire.

L'entreprise a conclu cette entente afin de répondre aux appels d'offres publics au Mexique, principalement dans la région de Vera Cruz.

Le vice-président aux affaires corporatives et juridiques Jean-Philippe Brunet a affirmé que les Mexicains ont l'habitude de traiter plutôt avec des gens qu'ils connaissent.

«On n'est pas connus, le lien de confiance n'est pas encore établi, a-t-il dit. Avec un partenaire, ça nous donne une chance.»

S'il a entendu des histoires d'horreur, M. Brunet est confiant de la probité des activités dans le secteur de Vera Cruz, où le monopole pétrolier mexicain Pemex est très présent.

Groupe Océan a notamment l'intention de choisir les clients avec lesquels l'entreprise transigera.

«On a certaines appréhensions, on essaie de prendre le maximum de précautions, a-t-il dit. Nous on veut faire de l'ouvrage là, mais on veut être sûrs que notre équipement revienne.»

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