La 34e édition du Festival international de jazz de Montréal a pris son envol d’une magnifique façon ce mardi soir, avec le spectacle «surprise» de Patrick Watson. L’événement ayant été annoncé il y a à peine une semaine, la toute petite salle du Gesù s’est rapidement remplie pour l’occasion. « Je n’ai jamais joué ici. C’est intime », s’est exclamé Patrick Watson au début de sa prestation. « Si on manque des notes, ce n’est pas grave ! », a-t-il poursuivi en riant. En effet, le charme de l’artiste et la chaleur de la salle ont formé un duo des plus fantastiques.

Le chanteur est monté sur la scène du Gesù, accompagné de six musiciens. Parmi ceux-ci, la jeune Jocie Adams (choriste / clarinette) avait offert, plus tôt, une sublime première partie, recevant d’ailleurs une ovation du public conquis par ses compositions naviguant entre folk et progressif.

Des ombres et des notes

Décrivant lui-même sa musique comme du folk de science-fiction, Patrick Watson était entouré de deux grands écrans circulaires sur lesquels étaient projetés quelques paysages et ambiances cinématographiques pour ajouter à l’atmosphère déjà proposée par ses chansons. Les lumières étant très tamisées dans la salle, lorsque ces dernières prenaient un peu plus de force, on pouvait apercevoir l’ombre des musiciens se projeter sur les murs du Gesù. Cela laissait l’impression que les images prenaient vie…

Avec sa voix haute, ses arrangements minutieux, Patrick Watson a laissé son public flotter une fois de plus en apesanteur. Et s’il réussit toujours à séduire et séduire encore, c’est qu’il a le don de réinventer sa musique chaque fois qu’il la présente. C’est le cas d’un titre comme Big Bird In A Small Cage, sur lequel il a fait chanter la foule avec un air s’évadant de la composition originale. Parmi les autres moments forts, notons Man Like You, pièce écrite pour son fils, qui a été chaudement applaudie et Into Giants sur laquelle se sont entassés les six musiciens et Watson pour former un petit peloton musical chantant autour d’un même micro.

Dans ses rires et ses délires musicaux, l’auteur-compositeur-interprète a fait bien rigoler les spectateurs lorsqu’il a admis avoir livré la pire Luscious Life des dix dernières années. « C’était une version, disons très jazzy », a-t-il lancé pour se défendre, alors que personne n’avait remarqué les quelques erreurs d’interprétation de la part du groupe.

La grande évasion…

Présentant dans l’ensemble davantage de titres de son plus récent album Adventures In Your Own Backyard, dont Morning Sheets ou Quiet Crowd, l’artiste a tenu à faire plaisir à ses fans lors d’un deuxième rappel. Il a laissé choisir la foule, qui a vigoureusement applaudi pour entendre The Great Escape.

Le Festival international de jazz de Montréal débutera officiellement vendredi avec le concert extérieur gratuit de la chanteuse canadienne Feist.