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Pauline Marois s'envole pour le Mexique

25/06/2013 05:41 EDT | Actualisé 25/08/2013 05:12 EDT

La première ministre Pauline Marois ira au Mexique cette semaine pour stimuler les échanges commerciaux, incluant la vente de tartes aux pommes et de scanneurs 3D.

À partir de mercredi, Mme Marois dirigera en sol mexicain sa première mission économique, qui regroupera des dirigeants d'une soixantaine d'entreprises, principalement des PME, et d'organismes.

La première étape se déroulera à Guadalajara, capitale de l'État de Jalisco, réputée pour le dynamisme de son secteur des technologies de l'information. La délégation se rendra ensuite à Mexico, où l'essentiel de la mission se concentrera, jusqu'à samedi.

Au terme d'une rencontre avec le gouverneur de Jalisco, Mme Marois renouvellera une entente de coopération. À Mexico, la première ministre aura aussi des échanges avec deux ministres du gouvernement fédéral.

Des activités sont aussi prévues afin que les représentants des nombreux secteurs des affaires québécois puissent entrer en contact avec des homologues mexicains.

Des tartes québécoises au Mexique?

Des entreprises comme Bombardier Transport sont du voyage, mais aussi Pâtisserie Gaudet, qui espère percer le marché mexicain avec ses tartes.

La vice-présidente et actionnaire de l'entreprise d'Acton Vale, Lyne Lamothe, a affirmé que des contacts ont été pris afin qu'elle puisse rencontrer pour la première fois, à Mexico, des dirigeants des filiales mexicaines de Wal-Mart et Costco.

« Je suis maintenant chez Wal-Mart Canada, alors moi mes attentes c'est d'essayer d'avoir Wal-Mart Mexique et Costco au Mexique, a-t-elle dit. (...) Pour moi c'est une grande expérience, le Mexique. Je sais que je vais développer au Mexique, mais je ne sais pas à quelle grandeur, dans quel ordre, mais je sais que c'est mon prochain pays. »

Pâtisserie Gaudet, qui emploie 55 personnes, est déjà en train de finaliser une entente avec H-E-B, une entreprise américaine qui dispose de magasins au Mexique où les tartes québécoises seraient distribuées.

« C'est une tarte de tous les jours, a expliqué Mme Lamothe. Ce n'est pas une tarte qu'on va présenter à nos invités le samedi, mais c'est une tarte honnête, à petit prix. »

Si les consommateurs québécois préfèrent la tarte au sucre, Mme Lamothe a affirmé que les informations dont elle dispose indiquent que le vaste marché mexicain, un pays de 115 millions d'habitants, serait intéressé par la tarte aux pommes, cerises et bleuets.

« Les Mexicains, ils ont la dent sucrée, a-t-elle dit. La pomme, c'est la numéro un, ensuite j'espère leur présenter la pomme caramel. »

Pâtisserie Gaudet estime qu'une incursion au Mexique pourrait accroître ses ventes de 15 %.

Selon la vice-présidente, les façons de faire des affaires sont différentes au Mexique, d'où sa décision de s'adjoindre un courtier mexicain.

Mme Lamothe a notamment évoqué les difficultés potentielles relativement au transport des marchandises par camion, particulièrement dans le nord du pays, près de la frontière américaine.

« Il se perd des choses, il se perd des "vans", il se perd bien des affaires, a-t-elle dit. Il faut avoir quelqu'un, un courtier, là-bas qui nous aide à faire tout ça. »

Le secteur des hautes technologies présent aussi

L'entreprise Créaform tentera aussi de profiter de sa participation à la mission pour proposer son nouveau scanneur 3D aux sociétés mexicaines du secteur des hydrocarbures.

L'appareil permet l'inspection d'oléoducs afin d'établir leur niveau de corrosion, a expliqué le responsable régional de l'Amérique latine, Louis-Étienne Bouchard-Pouliot.

M. Bouchard-Pouliot a affirmé que Créaform est déjà présent sur le marché mexicain depuis quelques années. L'entreprise mise sur la mission pour promouvoir son scanneur auprès des dirigeants de Pemex, le monopole d'État mexicain du secteur pétrolier.


« Des fois ce n'est pas toujours eux qui vont l'acheter, mais ils vont donner l'autorisation pour que notre technologie soit utilisée », a-t-il dit.

Créaform estime qu'un ou deux appareils, dont le prix unitaire oscille entre 50 000 $ et 100 000 $, pourraient être vendus au Mexique cette année.

« La percée de ce nouveau produit-là est fulgurante, a dit M. Bouchard-Pouliot. Il y a une entreprise au Canada qui en a acheté un, ensuite trois, pour finalement en acheter 20. C'est un peu vers ça qu'on s'en va avec le Mexique. »

Mme Marois effectuera cette semaine son quatrième déplacement à l'étranger, mais il s'agit de sa première mission composée d'entreprises.

Son prédécesseur libéral Jean Charest était lui aussi allé au Mexique avec des représentants du monde des affaires, en 2004, pour développer les échanges commerciaux.

Avec les États-Unis, le Mexique est un partenaire du Canada dans l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

La Presse Canadienne

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