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Le Texas s'apprête à exécuter son 500e condamné, une femme noire de 52 ans

25/06/2013 06:30 EDT | Actualisé 25/08/2013 05:12 EDT

HUNTSVILLE, États-Unis - Le Texas s'apprête à franchir une étape sinistre: il exécutera mercredi son 500e prisonnier depuis que la peine de mort a été rétablie aux États-Unis, en 1977.

Kimberly McCarthy, une femme noire âgée de 52 ans, deviendra la 500e personne exécutée par injection mortelle au Texas, sauf si elle obtient un sursis de dernière minute.

Le nombre d'exécutions au Texas dépasse de loin le total de tout autre État américain. Il reflète la réalité de la peine capitale aux États-Unis aujourd'hui: alors que certains États ont suspendu la pratique au cours des dernières années par crainte des erreurs judiciaires, les exécutions se poursuivent à un rythme régulier ailleurs au pays.

La peine de mort est en vigueur dans 32 États américains. Le Texas exécute en moyenne une personne toutes les trois semaines, pour un total d'environ 40 pour cent des quelque 1300 exécutions menées aux États-Unis depuis le rétablissement de la peine de mort.

Un sondage réalisé en 2012 pour le compte du journal «Texas Tribune» et de l'université du Texas révèle que seulement 21 pour cent des Texans s'opposent à la peine de mort.

Dans la ville-prison de Huntsville, les exécutions sont devenues un rituel bien connu. Chaque soir d'exécution depuis plus de 20 ans, Dennis Longmire se tient sur un coin de rue de la ville avec une bougie à la main. Des centaines de personnes se sont déjà jointes à lui dans le passé, mais il affirme que la lutte contre la peine de mort ne soulève plus autant les passions qu'avant.

«Le Texas continue de faire cavalier seul» alors que d'autres États abandonnent la peine de mort, souligne M. Longmire, un professeur de droit criminel à l'université d'État Sam Houston. Il estime que les exécutions sont une pratique totalement «ahurissante».

Kimberly McCarthy, condamnée pour le meurtre d'une voisine âgée de 71 ans lors d'un vol en 1997, fait partie des huit personnes qui doivent être exécutées durant les quatre prochains mois au Texas. Si elle n'obtient pas de sursis, elle deviendra la première femme exécutée aux États-Unis en trois ans, et la 13e femme depuis le rétablissement de la peine de mort par la Cour suprême.

Mme McCarthy, qui a été liée à deux autres meurtres, a déjà eu droit à deux sursis cette année. Son avocate, Maurie Levin, tente de faire suspendre son exécution de nouveau en faisant valoir que des jurés noirs ont été injustement exclus de son procès par les procureurs du comté de Dallas.

Me Levin estime que le facteur racial a eu «une influence généralisée (...) dans l'administration de la peine de mort et dans le caractère inadéquat de la défense», un problème qui existe depuis longtemps au Texas, selon elle.

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