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Le président russe confirme que Snowden est à Moscou mais refuse de l'extrader

25/06/2013 06:16 EDT | Actualisé 25/08/2013 05:12 EDT

MOSCOU - Le président russe a rejeté sans ménagement, mardi, la demande d'extradition aux États-Unis d'Edward Snowden, la source de la fuite à l'agence américaine de sécurité nationale (NSA), affirmant que le jeune homme est libre de voyager comme il l'entend et assurant que les agences de sécurité russes n'ont pas tenté de le contacter.

Edward Snowden se trouve dans une zone de transit de l'aéroport international de Moscou et il n'a pas franchi les contrôles de l'immigration russe, a déclaré Vladimir Poutine, ce qui signifie que l'Américain n'est techniquement pas en territoire russe.

Après être arrivé à Moscou dimanche en provenance de Hong Kong, Edward Snowden avait réservé un vol lundi à destination de La Havane en route vers le Venezuela, puis vers un possible asile en Équateur, mais il n'est pas monté dans l'avion.

Depuis, les déplacements du jeune homme sont un mystère. Les commentaires de M. Poutine sont les premiers indiquant que le gouvernement russe sait où il se trouve.

Certains observateurs avancent que les agences de sécurité russes pourraient tenter de garder Edward Snowden en Russie pour obtenir un compte-rendu plus approfondi de ses révélations, mais M. Poutine a nié cette hypothèse.

«Nos services spéciaux n'ont jamais travaillé avec M. Snowden et ne travaillent pas avec lui aujourd'hui», a dit le président russe lors d'une conférence de presse durant sa visite en Finlande. M. Poutine a précisé que puisque la Russie n'a pas signé de traité d'extradition avec les États-Unis, elle ne peut pas satisfaire la demande du gouvernement américain.

«M. Snowden est un homme libre, et plus vite il choisira sa destination finale, mieux ce sera pour nous et pour lui», a déclaré M. Poutine. «J'espère que cela n'affectera pas la nature de nos relations avec les États-Unis et j'espère que nos partenaires comprendront cela.»

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a déclaré mardi que même si les États-Unis n'ont pas de traité d'extradition avec la Russie, le gouvernement américain veut que Moscou se conforme aux pratiques de droit commun entre les pays quand il s'agit de fugitifs.

Le gouvernement américain serait dans l'embarras si la Russie décidait d'offrir à Edward Snowden un asile temporaire et un transit sûr vers un autre pays. Et malgré les démentis de M. Poutine, les services spéciaux russes ne manqueraient probablement pas leur chance d'interroger l'homme qui a diffusé aux médias d'importants documents confidentiels américains.

La Russie pourrait aussi tenter de se servir des révélations de M. Snowden pour répliquer aux critiques des États-Unis sur la situation des droits de la personne en Russie.

Vladimir Poutine a comparé Edward Snowden à Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks qui est réfugié depuis un an à l'ambassade d'Équateur à Londres, affirmant que les deux hommes étaient considérés comme des criminels mais qu'ils se considéraient eux-mêmes comme des militants des droits de la personne et de la liberté d'information.

«Posez-vous une question: est-ce que les gens comme eux devraient être extradés afin d'être envoyés en prison, ou non? Dans tous les cas, je préférerais ne pas avoir à gérer de tels dossiers», a dit le président russe.

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